17 Février 2008 - Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker
Stuart Errol Ungar, alias Stu "The Kid" Ungar, était un joueur professionnel de poker et de gin rami, considéré dans ces deux jeux, comme le meilleur joueur de l'histoire. Une légende indétrônable qui aura marqué à jamais le monde du poker. Doyle Brunson aurait d'ailleurs certainement été le plus grand joueur de tous les temps, s'il n'avait pas croisé "The Kid" en finale des WSOP Main Event de New York en 1980.
Né le 8 Septembre 1953 à New York, Stu grandit dans le Lower East Side. Il eut une passion pour les jeux de cartes dès son plus jeune âge et commença à jouer au gin rami. Son père tenait un bar et un grill à deux pas du domicile familial, où l'on trouvait à manger et à boire, mais aussi des paris entre les clients. C'est la que le jeune Stu a commencé a comprendre ce que signifiait le mot "juice" pour un pari sportif et s'intéressa de plus près aux jeux d'argent.
Sa mère était une très bonne joueuse de poker et il a suivi son exemple. Pendant leurs vacances dans les Catskill Mountains, Stu s'entraînait déjà contre le personnel de l'hôtel et c'est en 1963, à l'âge de 10 ans, qu'il gagna son premier tournoi.
Malheureusement, son père mourut alors qu'il n'avait encore que 13 ans. Pendant que ses copains de classe allaient en cours, Stu, qui n'en avait plus la motivation, jouait aux cartes ou participait à des paris sportifs. A 14 ans il jouait régulièrement et battait les meilleurs joueurs de sa ville au gin rami. Un an plus tard il gagna le premier prix de 10.000$ lors d'un gros tournoi sans jamais avoir perdu de main (ce qui est toujours d'actualité dans les cercles de jeux new-yorkais).
Une semaine plus tard il donne 1.000$ à ses parents et perd le reste de sa cagnotte aux courses. Stu dépensait en effet ce qu'il gagnait aux cartes sur des paris sportifs, mais dépensait plus que ce qu'il gagnait et était souvent redevable aux bookmakers, de grosses sommes d'argent qu'il évitait de payer. En 1976, il prit la route de Las Vegas afin de trouver de nouveaux joueurs avec qui se mesurer mais aussi de s'éloigner de ces fameux bookmakers auxquels il devait beaucoup d'argent (aux environs de 20.000$). Utilisant ses derniers 1.500$, Stu s'inscrit à un tournoi de gin rami auquel il finit premier empochant la rondelette somme de 50.000$. Il prenait d'ailleurs un certain plaisir lors de ses parties à annoncer les mains perdantes de ses adversaires.
Après cet épisode, les casinos ont commencé à le radier de leurs établissements. Il tenta alors sa chance au Black-Jack. Son excellente lecture de jeu adversaire et sa capacité à compter les cartes lui ont apporté de belles réussites. Le Caesars Palace a d'ailleurs était contraint d'arrêter une partie après que Stu ait empoché 80.000$. Il annonça alors dans l'ordre les 18 dernières cartes restantes du jeu, et sa photo fut affichée dans le poste de sécurité dans tous les casinos du strip de Las Vegas. Il fut interdit de jeu.
Il paria un jour contre Bob Stupak (propiétaire du "Vegas World") 10 contre 1 à 100.000$, qu'il pouvait compter les cartes des 3 jeux restants d'un sabot de 6 jeux. Il énuméra à Bob les 156 cartes restantes des jeux et remporta le pari. Cet argent ne fit pas long feu et une semaine lui suffit pour en dépenser la totalité...
Stu était un flambeur si l'on peut dire. Il dépensait son argent sans compter dans les drogues, l'alcool et les femmes. Il pariait même sur des sports qu'il connaissait peu tel que le golf et n'avait pas réellement le niveau de Doyle Brunson, Puggy Pearson ou Jack Straus. Il perdit d'ailleurs plus de 75.000$ face à Jack Straus sur le "putting green" avant même le premier tee. Il décida alors de se concentrer sur le poker.
Même s'il n'était pas favori au départ face aux nombreux champions de poker déjà présents, Stu connaissait suffisamment le jeu pour participer à des compétitions. Il privilégiait le No Limit où il n'avait peur de rien et où il se sentait le mieux.
Il participa au World Series Of Poker de 1980. Arrivant jusqu'aux tables finales, il joua en compagnie de Gabe Kaplan, Doyle Brunson et Johnny Moss. Il arriva jusqu'au face à face final contre Doyle Brunson. Sur un flop A-7-2, Doyle toucha une double paire avec A-7 en main et Stu un tirage à la quinte avec 4-5. Après avoir suivit la mise de 10.000$ de Doyle, le tirage de Stu se concrétisa sur le turn avec un 3. Stu misa alors 40.000$ relancés par Doyle à tapis.
La quinte l'emporta et Stu Ungar devint le champion du monde de poker de l'année 1980 avec un gain de 365.000$. Il remit son titre en jeu l'année suivante et remporta une nouvelle fois le Main Event des WSOP, opposé à Perry Green en finale avec A-Q de cœur contre 10-9. Et la même année, il gagna le championnat WSOP "Deuce-to-Seven Lowball".
Les années qui ont suivi ont été mouvementées pour Stu. Alors qu'il combattait son addiction à la drogue, il gagna un total de 10 tournois majeurs sur les 30 auxquels il a participé ainsi que le "Super Bowl of Poker" en 1983, 1988 et 1989. Dans les années 90, Stu devint fauché car il succomba à ses penchants pour les paris et les courses. Il ira même jusqu'à perdre 2.000.000$ au craps. Devenu cocaïnomane, il divorce en 1986 avec sa femme Madeleine et disparaît du monde du poker. Il revint en 1997 afin de participer aux WSOP. N'ayant plus un sou en poche, c'est un ami qui lui prêtera l'argent nécessaire à l'inscription. Il remporta une nouvelle fois le titre de champion du monde, dans un show incroyable d'agression, d'instinct et de force, sous les 38 degrés du "Fremont Street". Il empocha alors la jolie somme de 1.000.000$ et devint le seul joueur avec Johnny Moss à avoir gagné 3 titres de champion du monde.
Stu Ungar mourut à l'âge de 45 ans le 22 Novembre 1998. On le retrouva seul et ruiné dans sa chambre d'hôtel, avec un mélange de drogues dans le sang, notamment de percodan, de cocaïne et de méthadone en grande quantité. Avec 5 bracelets aux WSOP, 3 titres de champion du monde et près de 30 millions de dollars de gains, Stu Ungar est sans aucun doute le meilleur joueur de tous les temps.