Des spectateurs exclus de Roland Garros pour avoir parié en ligne...
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Ils voulaient gagner beaucoup beaucoup d’argent. Mais ils voulaient en même temps apprécier le match. Roland Garros 2008, le super tournoi de tennis, fierté certaine de la France. Ils, ce sont des spectateurs, qui de leurs portables participaient à des paris en ligne sur les issus des matchs en cours. Seulement, ils se sont faits attrapés et jetés dehors car cette pratique-là est interdite dans l’enceinte du court. Fait presque banal, mais qui relance en fait le grand débat sur la mainmise des paris en ligne sur tout le monde du sport et du tennis en particulier.
En effet, les ordinateurs portables et les téléphones portables peuvent être emmenés à l’intérieur du stade, mais les paris y sont interdits. C’est bien marqué, par affichage, à l’entrée, en anglais et en français. À moins que nos chers spectateurs "délinquants" ne comprennent pas ces deux langues, ils ont été bel et bien avertis mais ont fait fi de l’interdiction. Ou ils ne pensaient pas que leur manège serait aussi facilement vite découvert ! C’était sans compter sur la vigilance des organisateurs qui, certainement dotés des meilleures outils de contrôles, ont vite fait de les dénicher et de les expulser dare-dare.
Plusieurs raisons sont avancées par les membres de la Fédération Française de Tennis pour justifier cette décision de ne pas autoriser les paris à l’intérieur même du stade. D’abord pour « protéger » le tennis lui-même des éventuelles combines entre les joueurs eux-mêmes et les non joueurs. Ces autres personnes qui ont accés directement aux informations (santé, état d’âme ou problèmes quelconques d’un joueur) ou ceux qui jouissent du privilège de parler avec un joueur.
Du fait de cette promiscuité relativement étroite avec les joueurs du court, les parieurs pourraient éventuellement disposer d’informations importantes, voire décisives, qui les aideraient à parier presque sans risque. Mais d’autre part, avec les sommes colossales mises en jeu lors des paris, si les joueurs sur le court en prennent connaissance, le cour du jeu pourrait prendre un coup de…tricherie.
Un vilain revers de supercherie même. Un match de tennis truqué en quelque sorte. Et c’est pour préserver cette honnêteté dans le jeu et surtout pour le respect d’un public qui a payé son billet d’entrée que la FFT veille jalousement aux grains. Et comme Monsieur Argent peut tout se payé, même les consciences les plus endurcies et venir à bout des esprits les plus récalcitrants, il vaut mieux prévenir que guérir. Dixit un adage trop bien connu.
Mais, en outre, il est question aussi d’utilisation abusive de marque. Enfin… du nom Roland Garros. Contre-façon qu’ils disaient, en terme de piraterie ! C’est vrai que s’il s’agissait d’un autre court quelconque de tennis aux fins fonds de l’Afrique, avec un nom qui sonne comme un tam-tam, les enjeux n’auraient nullement la chance de s’enflammer. L’injustice acclamée viendrait du fait que des personnes encaisseraient d’énormes gains en utilisant impunément ce nom directement ou par chemin détourné. Un droit (ou un dû) d’auteur en quelque sorte. Plus un manque à gagner qu’une perte financière.
Histoire de Roland Garros: D’un simple nom d’aviateur, il est devenu le prestige d’un pays, le summum du succès pour un joueur de tennis. Le championnat de France de tennis a vu le jour en 1891 et n’acceptait que la participation exclusive des joueurs français, jusqu’en 1924.
L’année d’après, 1925, ce grand tournoi français s’ouvrait aux joueurs et joueuses étrangers, il deviendra les Internationaux de France. Trois années plus tard, 1928, parce que les deux stades qui se relayaient pour accueillir les grands matchs de tennis n’arrivaient plus à contenir la masse grandissante et passionnée des accrocs du tennis (sur terre battue), Paris accouche du stade Roland Garros sur un vaste terrain de trois hectares.
En hommage à un tennisman-aviateur français, le stade a été baptisé ainsi. Il fait partie des quatre plus grands tournois de tennis du monde, les trois autres étant (avec leurs dates de naissance): le Grand Chelem deWimbledon-Royaume-Uni (1877), l’Open d’Australie (1905) et l’Us Open des États-Unis (1891).
Pour la petite histoire, la première finale revêtue du nom de Roland Garros opposait, pour les simples hommes, les deux français René Lacoste et Henri Cochet. Bien que ce dernier remportait le premier set, Henri Cochet sortit vainqueur par 3 set à 1. Chez les dames, Helen Wills des USA s’inscrit comme la première dame à brandir la coupe.
Convoités par les parieurs du monde entier (précisons que ce sont des paris à l’extérieur du stade), ces quatre tournois feraient transiter, selon diverses fédérations, aux barbes et au nez des ayants droits, des milliers et des milliers de dollars ou d’€uros. C’est devenu un casse-tête chinois pour les législateurs et pour les inspecteurs des fiscs. C’est alors que des plaintes ont été déposées ou des actions en justices ont été portées pour essayer justement de rétablir un quelconque état de justice. Toutefois des verdicts étaient déjà tombés. D’un grand coup de revers, le tribunal de Paris a été écarté les deux sociétés Unibet et Expekt du cour des paris en ligne.
En plus, elles doivent s’acquitter respectivement de 500.000 €uros et 300.000 €uros d’amende. La 3ème chambre civile du TGI de Paris considéraient que ces deux firmes maltaises « portaient atteinte au monopole d'exploitation conféré à la Fédération française de tennis (FFT), organisateur du tournoi ». Elles sont également incriminées de « parasitisme », autrement dit, elles sont identifiées comme des parasites qui se nourrissent de biens des autres sans le moindre « investissement ». Évidemment elles ont « escaladées » en appel l’affaire, en l’occurrence à l’Association européenne des jeux et des paris (EGBA). La suite de cette histoire pourrait faire des émules dans le monde du football très prochainement...