Il y a voler et voler ! Se mouvoir dans les airs ou prendre ce qui ne nous appartient pas. Dans le second cas, l’acte est passible de sanction, en principe. Pourtant, en poker, vous pouvez voler sans être nullement inquiété ! Et il est même recommandé d'agir en ce sens dans quelques cas particuliers. Il s’agit là de voler la blind. Vous diriez que ce n’est pas étonnant, on bluffe tellement au poker !
Certes, mais toujours est-il que cette tactique de jeu s’avère payante si vous la mettez en œuvre au moment voulu. Voler les blinds, quand, comment et pourquoi, autant de questions auxquelles nous allons tenter d’apporter une réponse.
Le Poker et la Blind : Nous nous intéresserons particulièrement à la variante la plus populaire du poker : le Texas Hold’em. Pendant une partie, lors de toute nouvelle donne, le joueur à gauche du donneur doit déposer une blind (blind, terme anglais signifiant aveugle).
Elle est considérée presque comme une « mise aveugle », car le joueur mise avant tout, sans même savoir la valeur de ses cartes, car elles ne sont pas encore distribuées. Il existe deux types de blind : la petite, déposée par le premier joueur à gauche du donneur, et la grosse qui vaut un multiple du premier.
Les valeurs de ces deux blinds se définissent selon les parties et leur dépôt est obligatoire. La grosse blind sert de valeur plancher pour la première relance. Les blinds ont été instaurées pour qu’un joueur reste toujours dans la partie, sinon il perd de l’argent, en l’occurrence la blind qu’il a déposée.
Cette blind pourrait être un gain facile si le joueur bénéficie de circonstances particulières, sinon il s’exposera alors à des mésaventures. Savoir voler la blind fait partie de « l’éducation » de tout joueur de poker, dès qu’il a atteint un niveau moyen d’expérience. Cela fait partie des stratégies du poker à développer.
Voler la blind, quand et pourquoi ? Avant de se lancer dans cette opération de vol, il faut d’abord jauger l’adversaire ou plutôt les adversaires. Logiquement, vous ne volerez pas la blind si c’est votre tour de s’acquitter de la blind. Pour pouvoir la voler, il faut que ce soit le tour des autres de déposer la blind. Vous attendrez donc que ce soit leur tour.
Logiquement, vous ne vous aventurerez pas à une telle entreprise si vous avez une mauvaise main, genre 8k-3t en avant flop. Il vous faudrait posséder une combinaison ayant une valeur moyenne qui justifierait une relance suffisamment convaincante pour dissuader les autres de suivre. Par exemple, un As ou un Roi suivi d’un 10 au moins.
Ceci amènera en principe à la distribution du flop. Pour la relance, il vous est conseillé d’adopter une relance d’un montant de 150% de celui de la blind. Logiquement, si vous êtes « en fin de tour » ou au bouton, et que tout le monde s’est couché, vous emporterez facilement la blind en relançant.
Mais d’autres instructeurs n’accordent qu’une importance relative à la valeur des cartes en main dans une entreprise de vol de blind. En effet, le poker est un des jeux où le bluff est monnaie courante, alors une main médiocre peut arriver à voler la blind.
Cela est effectivement possible si vous n’êtes pas suivi. Auquel cas, il arrivera un moment où vous serez contraint de dévoiler vos cartes, cette combinaison sans valeur. Vous vous exposerez alors au mépris de votre entourage qui s’en souviendrait pour les futurs tours ! Une des proies de choix pour un vol de blind est le joueur, qui sans être un virtuose du poker, détient quand même une bonne connaissance des arcanes du jeu pour se maintenir à un niveau valable.
Mais il faut qu’il soit un joueur "serré passif", qui choisira la plupart du temps à se coucher en position de blind. A contrario, il vaut mieux ne pas trop se frotter aux joueurs "larges agressifs". Mais vous pouvez aussi vous faire une "image" sur la table, de par vos relances et leurs efficacités. En soignant cette image de joueur "serré passif", vous aurez plus de chance de voler la blind. Les autres conserveront une image tellement respectueuse, qu’ils ne douteront pas un seul instant que vous vous « abaisserez » à cibler la blind.
Mais la réussite n’est pas systématique. En effet, elle dépend aussi de votre dernière action conséquente qui laissera des indices à l’adversaire, et qui lui permettront d’anticiper vos prochaines offensives. Aussi, si vous avez relancé récemment et gagné le pot post-flop, le vol de blind dans l’immédiat n’est pas bien recommandé. Par contre, si depuis un certain temps, vous n’avez pas engagé des coups de poker victorieux, vos chances de voler la blind se retrouvent fortement augmentées.
Voler la blind, Comment ? Supposons que vous soyez aux prises en cut-off avec un adversaire pas trop mauvais, et qu’entre vous s’insèrent deux joueurs "serrés". Votre relance doit-elle se monter à combien ? Ne changez rien, conservez la valeur qu’habituellement vous mettez antérieurement. Surtout ne mettez pas la puce à … la main aux autres joueurs en modifiant votre « habitude ». Ayez à l’esprit que toutes vos moindres actions sont scrupuleusement observées et décortiquées pour y déceler les failles éventuelles.
Il vous faudra alors arriver à endormir leur méfiance, bref, réussir à les coucher, et s’emparer tranquillement du pot. Mais cette docilité des autres joueurs n’est pas acquise indéfiniment. Des sursauts de résistances peuvent surgir, et il est fort possible qu’un téméraire vous suive dans votre relance. Dans ce cas, acquittez-vous normalement de votre continuation bet et surtout, à l’instar de votre relance préflop, la mise dans votre continuation bet ne doit pas laisser supposer la puissance de votre main. Si l’ennemi insiste encore et mise au lieu de checker, abstenez-vous de poursuivre, couchez-vous et abandonnez le coup. Le vol doit s’accomplir contre un minimum de résistance. Il est vrai que parfois, le joueur dans le feu de l’action oublie cette solution rentable et sans risque. Il suffit de bien choisir le moment opportun et d’observer quand même un minimum de précaution... comme toute acte de vol !