Nombreux sont ceux qui hésitent encore, ou ne veulent tout simplement pas accepter et considérer le poker comme étant un jeu de stratégie. Pour ces personnes et pour celles qui commencent à s’intéresser vraiment à cet univers, il est important de savoir les diverses méthodes utilisées par les grands joueurs de poker pour gagner. Parmi les nombreuses techniques dont la plupart relèvent de la mathématique pure, certaines comme le « smallball » ne demandent pas aux joueurs d’être des génies pour pouvoir les pratiquer.
Toutefois, la réussite sera du côté de ceux qui sauront diversifier leurs armes selon le jeu qui se présente et en fonction des adversaires qu’ils auront à affronter. Quelle que soit la stratégie adoptée, le joueur devra toujours avoir une bonne lecture du jeu et déceler les moindres défaillances de ses adversaires. Pour ce qui est du smallball, il est simple et n’est pas difficile à mettre en œuvre. Toutefois, ses champs d’application sont assez limités même si les résultats obtenus en l’utilisant sont très probants pour le stack.
« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », voilà un adage qui pourrait parfaitement traduire les bases du smallball. Effectivement, la prudence est le maître-mot de cette technique et si des professionnels comme Daniel Negreanu ou Phil Hellmuth n’hésitent pas à en faire appel au moment venu, on ne pourrait douter de son efficacité. Le smallball consiste à relancer à petit coup une main marginale qui a quand même toutes les chances de devenir une main gagnante.
La relance devra être assez faible dont la valeur moyenne devrait tournée autour de 2,5 fois la valeur du big blind. Ce qui fera augmenter petit à petit le pot suivant les joueurs qui vont suivre. De cette façon, votre but consistera à faire de petits gains, mais fréquents, contre de petites pertes dans le cas où la main s’avère être perdante.
Nécessitant un maximum de disponibilité en terme de temps, le smallball est plutôt adapté pour les parties en cash game. En ce qui concerne les tournois de poker, il ne pourra être efficace que pendant les parties où les blinds ne grimpent pas rapidement.
La mise en marche de cette stratégie nécessite également que certaines conditions soient réunies. En premier lieu, il est important de savoir que seuls 4 types de mains au poker permettent son application.
Le premier est constitué par les connecteurs assortis du genre 8♠ 9♠, le second regroupe les gappers assortis comme un 7♥ 9♥. Les mains composées d’un as et d’une carte faible genre A♣ 5♦ forment le troisième type et le dernier type de main jouable en smallball est constitué par les mains permettant une quinte de rois comme par exemple R♥ 10♣.
Tous ces types de cartes ont l’avantage de pouvoir se convertir en quinte ou en brelan dès l’ouverture du flop ou au pire, pourront donner une petite paire. Ces mains sont donc jouables avec un bon flop, ce qui fait que le joueur utilisant cette technique du smallball aura décidé au flop s’il continuera de jouer ou non.
L’autre condition nécessaire à la bonne marche de cette technique, est la position où le joueur se situe sur la table. Etre en position de bouton, de blind ou de big blind sont les meilleures positions pour la mettre en pratique dans la mesure où ces positions permettent aux joueurs qui y sont placés de prendre la parole après les autres donc une lecture du jeu beaucoup plus avancée.
Dans ces positions le joueur qui jouera en smallball pourra exactement faire les petites relances qui font toute la force de cette technique. Le moment crucial du smallball est donc l’ouverture du flop, le minimum ayant été réalisé en pré-flop, l’essentiel se jouera après le flop et moins il y a de joueurs en course, plus le joueur qui le met en œuvre aura des chances de gagner. La plupart du temps, sauf si d’autres joueurs ont des mains vraiment excellentes, les adversaires payeront sans peine la petite relance effectuée.
Le joueur n’aura donc aucun intérêt à aller au tapis en pré-flop, car la valeur de sa main ne vaut pratiquement rien sans les cartes du flop. Si sa main est trop faible pour être gagnante, il pourra sans hésiter se coucher avec comme seul regret la petite relance qu’il aura effectuée en pré-flop. Par contre si le flop mettra en valeur la petite main marginale du départ, le joueur aura la possibilité de jouer serrer avec un nombre de joueurs déjà réduit.
Mise à part les conditions de temps et de position, un autre facteur est aussi très important dans la technique du smallball. Si pour d’autres procédés de jeu, on camoufle au maximum son style de jeu, l’utilisation de cette stratégie au poker doit être aussi flagrante que possible aux yeux des adversaires. Effectivement, le joueur qui la met en œuvre devra montrer autant que faire se peut qu’il est prêt à jouer des petites mains de départ en adoptant ainsi un style de jeu très large.
De cette façon, les adversaires tomberont facilement dans le guêpier que le « smallballeur » aura mis en place. C’est uniquement dans le cas où ce joueur disposera d’une main forte et excellente qu’il pourra se faire un pactole car après l’ouverture du flop, il pourra encore continuer à relancer faiblement poussant ainsi ses adversaires à bluffer et commettre l’irréparable.
Ce qui fait de cette recette une arme psychologique redoutable. Le jeu large pratiqué avec la technique du smallball laisse croire aux adversaires que le joueur qui la pratique est capable de mener jusqu’au bout une main quelconque. D’autre part, en adoptant le smallball, on pourrait facilement pousser au tilt (voir le tilt au poker) les adversaires qui auront certainement beaucoup plus du mal à gérer leurs bad beats face aux petites mains marginales qui au flop... deviendront gagnantes.