Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker
Tout bon joueur s’accorde à dire qu’au Poker, le bluff constitue une arme couramment utilisée. Pratiquée avec intelligence et audace, elle devient redoutable. Bien sûr, il y a aussi une grande part de risque, parce que comme toute arme, mal maîtrisée, elle peut être fatale à son maître. Tout comme cette autre technique qu’est le slow play (sous-jouer, en français). De part son efficacité, il peut être très tentant et dangereux en même temps.
Le but du slow play (ou du limp in), donc de sous jouer une bonne main, est de faire monter les enchères discrètement sans laisser le soin à l’adversaire de réaliser que vous avez de bonnes cartes en main. Il faut alors miser peu, juste le nécessaire pour rester dans la course et entraîner en même temps les autres à suivre dans les prochaines mises, sans montrer sa force Lors d’un check-raise, votre objectif est en général de diminuer le nombre de vos adversaires.
Par contre, si vous pratiquez le slow play, vous voulez garder le plus grand nombre de joueurs pour leur soutirer le maximum de jetons et pour pouvoir réunir le plus de mises possibles. Seulement réservé au Flop, à la Turn ou la River, le Slow Play ne doit pas se pratiquer en Préflop. Il ne faut pas non plus trop étirer le slow play pour ne pas vous exposer à d’éventuels retournements de situation et donner une bonne carte à l’adversaire qu’il pourrait employer contre vous pour vous battre.
D’une manière générale, pour réussir un slow play, il faut réunir simultanément les conditions suivantes :
- Vous devrez avoir un fort potentiel de cartes en main.
- Possibilité pour les autres joueurs d’avoir une deuxième meilleure main lorsque vous leur accordez une free card (carte gratuite)
- Cette même carte doit juste leur permettre de poursuivre la partie et ne doit pas servir à vous battre au tour suivant.
- Les mises seront relativement faibles.
Effectivement, vous aurez plus de chance d’embarquer les joueurs quand le pot est encore faible que quand il est important. Par ailleurs, le slow play suggère que vous ayez une main suffisamment forte pour ne pas être inquiété face aux jeux des autres joueurs. Au draw, cette force équivaudrait à un pat. Au Texas Hold’em, on penserait plutôt au « top set of trips » suivant un flop sans possibilité de suite. En Seven card stud, il faut que les trois premières cartes forment au moins un brelan, un full house ou une couleur, complétées par une paire.
Exemple d’un slow play : Supposons que vous avez un A-K et qu’un As arrive au Flop, attendez en peu, ne misez pas tout de suite, sinon les autres se rendront bien vite de votre force. Vous pouvez choisir entre ces deux cas. Soit laisser un autre joueur miser avant d’emboîter son pas modérément, soit que l’ensemble de la table checke. À la Turn, en principe, vous faites en sorte que votre capital jetons de poker augmente progressivement en misant peu pour que l’adversaire vous paye. À la River, en checkant pour entraîner l’adversaire, vous le surelancez. Et ainsi de suite.
Exemple de jeu où le slow play est rentable : Supposons que vous tenez un QQ en main, et que le flop se présente comme suit :
- Q de coeur, 7 de pique, 2 de trèfle. Vous bénéficiez d’un brelan max. Pour que votre main rapporte suffisamment, il n’est pas conseillé de relancer encore mais faire en sorte que les autres vous suivent.
En checkant et avec un roi de cœur comme turn, vous pourrez probablement susciter les intérêts des autres et tirer meilleurs profits de votre brelan. En effet :
-
on peut s’attendre à ce qu’un adversaire ait reçu une deuxième meilleure main comme un As-Roi, par exemple.
- ayant tiré une quinte ou une couleur, un adversaire serait tenté de vous suivre sur cette une faible mise.
Exemple de jeu où le slow play est dangereux : Supposons maintenant que vous ayez un 8-8, et que le flop se présente comme suit : - 8 de coeur, 9 de coeur et Roi de pic. En checkant, les mauvaises surprises pourraient être :
- un troisième cœur arrive et ceux d’en face obtiennent une couleur (côtés de 1:5)
- une carte tombe pour parfaire un tirage quinte. Si maintenant après avoir checké le flop, le turn produit un autre cœur, le troisième, vous vous mettez à relancer et l’adversaire s’avance aussi. À ce moment là, décider de suivre s’avère une opération extrêmement périlleuse...
Exemple de jeu ou le slow play est moins dangereux : C’est quand vous avez des nuts au flop et que la carte gratuite n’influerait pas sur la qualité des cartes de votre adversaire. Supposons que vous tenez un A-A avec comme flop un A-9-9. Indépendamment du turn, tout joueur ne bénéficiant pas d’un 9 ou un As n’oserait pas relancer. En effet, même si le turn est un roi, même si votre adversaire en a déjà un, il serait toujours battu par un 9 incertain ou aussi par un As plus sûr. Aussi, vous avez intérêt, lors du flop, à relancer pour susciter un autre joueur susceptible de poursuivre.
En conséquence, le slow play au poker n’est pas une stratégie sans risque, bien qu’il puisse être source de rentabilité pour qui sait le manier. Il faut bien considérer le contexte, scruter les jeux des adversaires, bien peser la durée du « slow playing ». Ce qui est sûr c’est que le slow play ne pourrait pas réussir du premier coup, à moins d’une chance considérable, il doit reposer sur des expériences acquises...