Les joueurs de poker pensent souvent être les seuls à pouvoir espérer sortir gagnants d'un casino. En effet le poker est le seul jeu d'argent proposé où les joueurs s'affrontent entre eux et ne sont pas opposés à la maison. Pourtant est-ce vraiment une raison de croire que le poker est toujours le jeu le plus rémunérateur ?
En effet la question mérite d'être posée. Il existe une forme de poker où l'anticipation du gain espéré ne devrait pas trop faire rêver les joueurs : ce sont les tournois à faible buy-in des casinos réels. Ces derniers peuvent être comparés à de simples parties de bingo pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, les frais des tournois dans ces casinos sont particulièrement élevés. Et pour gagner au poker, il ne suffit donc plus de battre les autres joueurs, ce qui déjà n'est pas facile, mais il faut suffisamment les battre afin d'être gagnant après avoir payés les frais de la salle de poker.
Il est donc très difficile de sortir gagnant dans ces cas là, même si l'on est le meilleur joueur de la table. Sans compter qu'un certain pourcentage des droits d'entrée sont retirés de la cagnotte pour les frais d'organisation du tournoi.
Sur les salles de poker en ligne, cela dépasse rarement les 10%, tandis que les salles de poker en dur prennent plus de 20% du prize pool, ce qui est extrêmement élevé.
Sur Internet, les salles expriment les frais d'entrée par un nombre indépendant. Par exemple, un tournoi avec un buy-in de 50$+5$ aura des frais d'entrée de 5$ et les 50$ restant iront rejoindre le prize pool.
Dans les casinos terrestres, la donne est différente. Ces derniers qui aiment brouiller les pistes et tromper leurs clients, n'affichent pas les frais d'entrée. Le joueur doit lui-même se renseigner, ce qu'il fait rarement d'ailleurs.
Par exemple pour un tournoi dont l'entrée est à 200$, on pourra découvrir en réalité des frais d'entrée de 80$ ce qui donnerait un résultat différent écrit sous cette forme : 120$+80$. On retrouverait alors beaucoup moins de joueurs, comme par magie. Le seul but est donc ici le loisir.
D'autres petites astuces sont présentes dans les casinos. On peut en citer une classique, à l'image des contrats d'assurances ou des publicités : les chiffres écrits en petits caractères sous les affiches des tournois, indiquant des informations importantes mais qui seraient certainement peu appréciées des joueurs.
Si l'on prend l'exemple d'un casino affichant un tournoi avec un buy-in de 1.000$+60$, ce qui semble raisonnable, le commun des joueurs ne remarquera pas l'absence d'une note importante : le pourcentage du prize pool retenu pour l'organisation du tournoi.
Il faudra alors mettre ses lunettes et se pencher sur l'affiche pour découvrir un prélèvement de 3%. Les droits d'entrée du tournoi se transforment alors en la valeur suivante : 970$+90$. Charmant...!
Les structures des tournois live ne sont pas non plus adaptées réellement au poker. En effet, beaucoup d'entre eux fixent des blinds trop élevés dès le début du tournoi, augmentant ainsi le facteur chance. En effet, les choix des joueurs seront restreint au tapis ou à se coucher pré-flop.
Cette structure atroce est souvent trop commune. Le comble arrive quand une taxe supplémentaire est prélevée sur n'importe quel joueur remportant une somme substantielle d'argent en tournoi. Le pourboire du croupier, bien qu'optionnel est généralement prévu d'avance.
Il est évidement bien vu et recommandable de laisser une petite somme de notre gain aux croupiers, mais cela est encore une manière de baisser notre résultat final.
Il est donc très ambitieux de vouloir extraire un quelconque profit d'un tournoi dans un casino réel. Cependant, quelques tournois live ont de bonnes structures et des frais d'entrée raisonnables, ce qui les rend abordables pour les bons joueurs.
On pourra citer les gros tournois avec des buy-in étalés sur plusieurs jours tel que les World Series Of Poker (WSOP). Par contre la majorité des tournois réels à petit buy-in sont plus un profit pour la maison que pour le joueur.
Le ridicule de ces tournois ne s'arrête jamais quand on y réfléchit. En effet, avec un peu plus d'analyse, on se rend vite compte qu'avec un retour d'investissement de 10% et en étant capable de battre tous les autres participants, un joueur ne sera jamais à la hauteur d'un jeune adolescent travaillant au Mac Do en terme de gain horaire.
Avec ce ROI (Return On Investissement) de 10%, le gain est de 30$ par évènement à partir de 300$ de buy-in, et en y jouant 5 fois par semaine, il ne gagnerait que 7.800$ par an. C'est tout simplement ridicule...
En conclusion, jouer dans des tournois live de poker reviennent à jouer au Black Jack, c'est-à-dire contre la maison. Cependant, ce jeu n'est en rien condamnable, au contraire, le BlackJack est très intéressant et amusant.
Il ne faut néanmoins pas y jouer comme au poker, c'est bien là le risque. La plupart des tournois réels de poker des casinos en dur devraient être analysés de la même manière afin de comprendre tous les tours de manège des établissements qui dupent encore trop de joueurs.