Histoire du PMU: Plus de 76 ans de paris hippiques...
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Le PMU ( Pari Mutuel Urbain ) est déjà une vieille institution, puisqu'elle fête cette année ses 76 ans. En effet, les paris de courses sur chevaux ne datent pas d'hier. Au tout début, seul était admis la pratique des paris à la cote.
Puis, la légalisation de ces paris hippiques intervint avec la loi du 2 juin 1891, toujours en vigueur, qui institua en même temps le principe de la mutualisation, inventé par le français Joseph OLLER (fondateur entre autres du bal du moulin rouge et de l'Olympia).
Ce principe signifie que les joueurs vont parier les uns contre les autres et auront vocation à se partager les gains, sans oublier d'y déduire au préalable les prélèvements légaux au profit de l'Etat et de l'institution des courses.
L'organisation des courses et des paris était prise en charge par des sociétés de courses qui devaient obtenir l'agrément du ministère de l'agriculture. Par ailleurs, les paris ne pouvaient être enregistrés que sur les hippodromes. Ainsi le nom de PMH ( Pari Mutuel Hippodrome ) fit son apparition.
Au passage, soulignons que les courses de chevaux étaient restreintes. En effet, la légalité des paris sur course de chevaux dépendaient de la finalité de ces dernières : il fallait qu'elles aient pour but exclusif d'améliorer la race chevaline.
Ce n'est qu'une cinquantaine d'années plus tard, le 16 avril 1930, qu'une loi fût adoptée permettant aux sociétés de courses d'enregistrer les paris sur les courses de chevaux hors des hippodromes, dans des lieux tels que cafés, brasseries et restaurants.
Ainsi, grâce à cette loi, le PMU vit le jour en 1931 à Paris, suivi de nombreux autres dans les principales villes de province. Les sociétés de courses vont ainsi largement augmenter leurs recettes et vont également accroître le nombre des courses.
A l'époque, il n'y avait le choix qu'entre deux types de paris: le simple ( le pari de base) et le report (succession de paris simples). C'est alors que le 22 janvier 1954 fût instauré le Tiercé par André CARRUS, qui consistait à proposer aux parieurs de trouver dans l'ordre exact ou dans un ordre différent les trois premiers chevaux d'une course prédéterminée.
Le Tiercé devint rapidement populaire, notamment grâce aux premières retransmissions télévisuelles qui ont eu lieu en 1956. Par la suite, différentes formules furent mises en place : Quarté ( 1976), Quarté+ (1986) ,Quinté+ (1989)... Cette dernière formule a été lancé dans le but de faire face à la concurrence des jeux de loto, en augmentant les gains à gagner.
La dernière invention lancée par le PMU cette année est le quadrio : il consiste à trouver les deux premiers chevaux du Quinté du jour et ceux de la course suivante. Il a vocation à générer des rapports un peu plus intéressants.
En 1983, le PMU a pris la forme d'un groupement d'intérêt économique (G.I.E.) regroupant 43 sociétés membres: Cheval Français, associations régionales etc... A ce jour, ce GIE regroupent près de 73 sociétés de courses, dont deux sociétés mères qui ont pour charge d'organiser les courses.
La première société mère ( France Galop) organise et règlemente les courses de plat et d'obstacle. Quant à la seconde ( Cheval Français) elle s'occupe essentiellement des courses de trot.
Il existe actuellement 8 000 points de vente à distance à travers toute la France et les lieux de paris ont évolué puisqu'il est désormais possible de jouer par le biais d'internet mais également par celui de la télévision avec la chaîne Equidia.
Ces nouveaux instruments d'informations et de paris font baisser la fréquentation des hippodromes. Toutefois cela n'est pas si néfaste sur le plan économique puisque le chiffre d'affaires du PMU s'élève pour l'année 2006 à plus de 8 milliards d'€uros avec un taux de redistribution aux parieurs de plus de 70 % .
Le PMU est devenu la première entreprise de paris hippiques en Europe, et la seconde au niveau mondial après la Japon ( qui totalise près de 6 millions de parieurs et plus de 7,6 milliards d'€uros de Chiffre d'affaires). Cette place peut s'expliquer notamment par le monopole légal dont bénéficie le PMU sur les courses françaises, qui élimine en théorie toute concurrence.
Du moins au niveau interne puisque de nombreuses sociétés de paris hippiques, dont le siège se situe à l'étranger, fleurissent sur internet. Même si les tribunaux français ont jugé ces sociétés comme étant illégales (par exemple la société Zeturf.com en 2004), il n'en reste pas moins que ces jugements s'opposent au droit national du pays dans lequel ces sociétés sont basées.
Il reste dès lors très difficile de les pénaliser juridiquement, même avec l'intervention du droit européen, lequel est plutôt favorable à la libre concurrence. Malgré ce risque prochain d'ouverture à la concurrence, le PMU continue d'être l'une des plus grandes entreprises françaises à produire des émotions ;-)