On connaît le poker comme étant un jeu truffé de suspens, les pressions sont ingérables surtout lorsque les cartes semblent ne sourire qu’aux adversaires. Pour tout joueur de poker, qu’il soit professionnel ou amateur, partir en tilt au poker est assurément le meilleur moyen de se faire plumer. Mais lorsque ce sont de grands joueurs professionnels comme Phil Hellmuth qui se font plumer en étant en tilt, les gens ne parlent plus de « pigeon » mais plutôt de « drôle d’oiseau ».
C’est en ces termes qu’on pourrait en effet qualifier ce joueur professionnel qui n'en rate pas une pour se faire remarquer. Le traitant déjà de « salle gosse du poker », les férus des grands évènements de poker sont habitués à ses incartades. Dernièrement encore, ce sera au tour d’une croupière, faisant de son mieux son travail, de subir les frasques de Phil Hellmuth lors du WSOPE 2008. Lors de cette édition et pendant le 2,500£ HORSE, Phil Hellmuth aurait été victime d’une série de « bad beats », qui d’ailleurs peuvent arriver à tout le monde, mais dont les conséquences divergent selon les personnalités des joueurs.
Comme à son habitude dans des moments pareils, ce professionnel de poker ayant à son actif 11 bracelets, a défrayé la chronique en s’en prenant à la croupière. La réaction de la malheureuse croupière ne se fit pas attendre car elle a dû quitter le casino en pleurs. Il faut dire qu’au contraire de ce qu’on pourrait penser, les croupiers et croupières sont aussi sujet à de fortes pressions dans des tournois pareils, et cette victime de Phil Hellmuth avait déjà des heures de services derrière elle.
Certes, l’enjeu était de taille car Phil Hellmuth jouait sa place pour un éventuel 12ème bracelet, mais cela n’excuse pas pour autant son comportement et cette croupière aurait tellement souffert, que peut-être elle aurait maudit Phil Hellmuth pour qu’il perde sa partie contre Sherkhan Farnood, malgré une assez bonne main composée d’un A-R.
Effectivement, si une telle main sort souvent vainqueur surtout entre les pattes d’un si grand joueur, cette fois-ci, elle a été fatale pour Phil Hellmuth. Avec un flop qui lui offrait une paire de rois, et de grands espoirs, ce ne sera qu’à la river que Sherkhan Farnood sortira vainqueur avec la sortie d’un 3 lui offrant ainsi un joli brelan de 3 :)
Le comportement malsain, bien qu’assez souvent répété, a quand même frustré d’autres personnes sans compter la croupière qui aurait été la victime du jour. Ce qui pourrait sembler étrange serait le fait que, malgré de tels agissements, les organisateurs n’ont infligé aucune sanction à l’encontre du Phil Hellmuth.
Et à chaque fois que ce joueur procède ainsi, il s’en sort toujours indemne comme c’était le cas lors du dernier WSOP où il a complètement sorti la totale, une prière à Dieu pour qu’il puisse avoir de bonnes cartes en passant par un mini-déjeuner avant l’heure pour finir par offenser son adversaire.
On voudrait bien accepter que certains joueurs aient de fortes personnalités et que le jeu pourrait parfois les mettre dans des situations difficiles pouvant les mener en tilt, mais l’attitude et le récidivisme de Phil Hellmuth devient de plus en plus fantoche. Etre en situation de tilt pourrait arriver à n’importe quel joueur, c’est un fait indéniable et tant que la chance est encore de mise dans une partie, il y a toujours un risque de tomber dans une période si creuse qui obligera le joueur à se mettre la pression.
Ce qui est d’autant plus grave lors des tournois où cette pression est au maximum et qu’il n’est pas encore question de gain mais de place qualificative. Dans ces cas-là, abandonner serait fatale alors on continue malgré tout. Mais à moins d’être la poisse personnifiée, ces cas-là n’arrivent jamais aux mêmes joueurs à chaque tournoi. Alors on se demande bien si, pour Phil Hellmuth, ces actes peuvent encore s’appeler tilt ?
On pourrait d’abord croire que ces moments « d’exhibition » fassent partie de la stratégie de jeu de ce joueur. Ce ne serait que de bonnes guerres, mais lorsqu’arrive le moment où la partie doit être interrompue, ça ressemble fortement à des actes anti-jeu car certainement la physionomie du jeu va en prendre un coup.
Les joueurs risquent de se déconcentrer beaucoup plus et de prendre ainsi les mauvaises décisions. On se demande alors comment un joueur de cette trempe pourrait avoir des comportements aussi malsains, d’autant plus que ce même joueur a déjà sorti un livre qui de surcroît s’intitule « comment jouer au poker comme les pros » !
Il se pourrait bien finalement que ces techniques de déstabilisation et d’intimidation des adversaires occuperont une place importante dans l’éventuel livre que ce joueur sortira prochainement. Mais à bien y réfléchir, tout ce « cirque » pourrait tout simplement être une façon de se faire remarquer. Comme ce joueur représente officiellement UltimateBet, il est fort probable que ces soi-disant coups de tilt ne seraient en fait que des publicités anodines lancées conjointement par Ultimate Bet et Phil Hellmuth.
Au début de sa carrière, alors qu’il n’avait que 24 ans, ces sauts d’humeurs étaient certainement le résultat d’une grande pression mettant le joueur dans une situation de tilt. Mais il est difficile de croire qu’au bout de 11 bracelets, ce joueur n’aura pas eu le temps de grandir et de maîtriser son attitude. Ultimate Bet ne fera que profiter de cette image de « salle gosse du poker », que Phil Hellmuth s’est bien garder de faire croire, pour marquer sa présence malgré les difficultés financières et juridiques qui le hantent encore.
Et effectivement, un tournoi de cette envergure, qui est assurément suivi par bon nombre de passionnés, fait office de support idéal pour afficher son existence. D’ailleurs, presque à chaque sortie de leur poulain, les dirigeants d’Ultimate Bet se font le plaisir d’annoncer toute une mise en scène pour marquer l’arrivée ou la présence de ce joueur. Et au final, rien ne se passe, à part le show du grand Phil Hellmuth qui provoque chez certaines personnes de forts sentiments et qui les font… pleurer.