L’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne en France est en bonne voie. Le projet avance mais la vitesse d’exécution n’est pas au goût de tout le monde et de plus certains semblent bénéficier d’une longueur d’avance. Ce qui fait que ceux qui osent montent au créneau à l’image de M. Partouche qui est une figure difficile à écarter si on parle de jeu d’argent français.
Patrick Partouche, voilà un nom qui a son pesant d’or quand on parle de jeu d’argent en France. Grand patron du premier groupe de casinos en France, cet homme qui n’a pas sa langue dans sa poche est sorti de ses gonds lors du colloque de préparation des législations destinées à régir le marché des jeux d’argent en ligne en France. Tout comme ceux qui opèrent déjà dans ce domaine, les casinos réels sont aussi très intéressés par cette ouverture et comptent bien faire partie de ceux qui auront le privilège d’acquérir la licence d’exploitation sur le territoire français.
Ce que Partouche a annoncé lors de ce colloque a fait l’effet d’une bombe qui de surcroît est à retardement car elle ne sautera que dans deux semaines. En effet, M. Partouche a déclaré officiellement que désormais, il va ouvrir ses sites pour les joueurs voulant miser de l’argent réel, les joueurs auront alors la possibilité de passer du mode de jeu « fun » au mode réel. Pour ce faire, le groupe Partouche utilisera les licences qui lui ont été si gracieusement accordées par Malte et Gibraltar.
Le boss Partouche admet qu’en agissant de la sorte, il s’expose à des poursuites judiciaires, mais pour lui, il était temps de réagir car ceux qui opèrent illégalement sur le territoire français ne font que réduire leurs marges et ceux de ses concurrents qui sont obligés de payer les taxes et impôts élevés relatifs à leurs casinos terrestres. Ce qui l’a indigné encore plus est le fait que le colloque était prévu pour discuter des conditions d’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne en France, alors que certains des participants opèrent déjà sur ce marché qui est pourtant censé être fermé, sinon pourquoi discuter d’ouverture.
Les représentants de l’état qui étaient présents lors de ce colloque auront certainement pris bonne note des propos de M. Partouche. Reste à savoir maintenant comment le gouvernement va réagir et quelles seront les mesures qui vont réellement être appliquées, si mesures y auraient. La famille Partouche est connue pour son franc-parler qui frise parfois la provocation, cette fois-ci, la menace est claire et on attend les réactions de la part des concernés.
D’autres casinotiers ont déjà fait savoir leurs avis et ont approuvés M. Partouche. Chacun de ces grands patrons ont évoqué les difficultés que traversent les casinos français en ce moment et ils accusent les casinos en ligne qui se sont accaparés une bonne frange de leurs clientèles. Réaction tout à fait normale, car à défaut de pouvoir incriminer l’état, ils s’en prennent à ceux qui profitent des largesses du gouvernement français qui, en plus d’avoir tardé à prendre la décision d’ouvrir le marché, a en plus laissé faire les sites qui servent des clients français à partir de licences accordées à Malte, Gibraltar et Kanawakee.
Parmi ceux qui ont osé apporter leur soutient à M. Partouche figurent les dirigeants du groupe Tranchant et Viking casinos. Par contre, le Groupe Barrière ne s’est pas encore manifesté, pourtant on connaît les liens qui unissent les dirigeants de ce groupe avec le Président de la République qui a certainement son mot à dire sur le sujet...
Si aux Etats-Unis, un petit coup de pouce de la part des gens qui peuvent influencer les décideurs étatiques est chose courante grâce à ce qu’on appelle lobbying, on se demande bien pourquoi cela ne se fait pas en France. Pourtant, tous les casinotiers français sont victimes des législations, que les états eux-mêmes bafouent. Les chiffres d’affaires ne cessent de baisser et les marges s’effritent de plus en plus. Les raisons évoquées et constatées sont l’application de la loi anti-tabac ainsi que la vérification d’identité à l’entrée d’un casino.
Pour ce qui est de la loi anti-tabac, sa mise en application a fait fuir les joueurs qui ont jusqu’à maintenant eu l’habitude de jouer avec le tabac comme fidèle partenaire puisqu’il l’assiste toujours aussi bien dans les gains que les pertes.
Ainsi ils ont pris d’assaut les casinos de la toile en restant peinards chez eux, libre de fumer autant que leurs poumons les permettent. D’autre part, se faire vérifier systématiquement l’identité à chaque fois qu’on voudrait franchir les portes d’un casino ou d'une salle de poker est certainement un exercice des plus désagréables, car que l’on veuille ou non, l’impression d’être un hors-la-loi peut toujours être ressenti à chaque « fouille ».
Alors les joueurs préféreront surement rester chez eux devant leurs écrans qui respectent leurs anonymats. Les casinotiers voudraient bien respecter les lois en vigueur et reconnaissent l’utilité de ces mesures, mais c’est certainement dans la façon de les appliquer qui pose problème. Comme si ces problèmes ne suffisaient pas pour mettre en péril la survie des casinos terrestres en France, la crise financière qui vient de frapper le monde se répercute déjà sur les activités de ces casinos. Alors, on comprend mieux que ces grands patrons de casinos réels commencent à mettre aussi la pression sur l’état en ce qui concerne le marché en ligne qu’ils estiment être le dernier gilet de sauvetage qui les empêchera de couler.
Ce marché est très porteur et il est désolant de voir des sites se faire impunément de l’argent sur le dos des casinotiers terrestres et aux yeux d’une autorité incapable d’agir alors qu’elle est aussi perdante dans l’affaire. Pour l’heure, les casinotiers parlent déjà de fermeture de certains de leurs établissements, ce qui bien sur fera encore augmenter le nombre des chômeurs que l’état pourrait royalement ignorés, ces chômeurs ne sont pas les seuls à plaindre.
Mais il ne pourrait pas non plus minimiser les pertes qu’occasionneront ces fermetures au niveau des caisses des juridictions qui seront concernées. « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».