Malgré les explications du représentant du ministère français du Budget, lors du colloque du 23 Septembre 2008, sur les jeux en ligne, le Groupe Partouche annonce l’ouverture de ses sites en ligne, pour les jeux d’argent. Apparemment l’échéance du second semestre 2009 ne convient pas du tout à cet opérateur. Quel est le plan de réalisation préconisé par l’état français ? Qu’est-ce qui motive le Groupe Partouche à passer outre les résolutions des autorités françaises ?
Le Groupe Partouche : Le Groupe Partouche fut créé par le français Isidore Partouche en 1973. Il est donc français et opère dans les loisirs. Leader européen dans l’exploitation des casinos, le groupe Partouche comprend également une dizaine d’hôtels et quelques établissements thermaux. Le fils, Patrick Partouche a pris la direction par la suite et s’est surtout distingué par le combat, souvent médiatisé, qu’il a mené pour légaliser les jeux casino et de poker en ligne en France et par le fait qu’il n’a jamais cessé de clamer haut et fort ses convictions.
Le groupe Partouche se distingue également des autres opérateurs par l’organisation régulière des tournois (terrestres) de poker, le plus connu étant le Partouche Poker Tour qui rassemble chaque année des milliers de joueurs et de passionnés de ce jeu. Confronté aux problèmes causés par cette non légalisation des jeux en ligne et aux interdictions récentes de fumer en public, le groupe Partouche enregistre une baisse conséquente de ses recettes. Les chiffres divulgués sur Yahoo!, portant sur les neufs premiers mois, relatifs à ses exercices 2007-2008 (jusqu’en juillet 2008), traduisent une baisse de 2,7% de son chiffre d’affaire.
En effet, s’il était de 338,4 millions d’€uros pour la même période en 2006-2007, il a chuté à 329,4 millions d’€uro à la saison suivante. D’autant plus qu’un contrôle systématique de l’identité des joueurs est désormais exigé à l’entrée et à cela est a ajouté à une diminution conséquente du pouvoir d’achat des français et la crise financière actuelle. Tout cela se ligue à agresser la fréquentation des casinos terrestres à tel point que le troisième trimestre 2008 voit encore une baisse de 9.5% du chiffre d’affaire du groupe Partouche, dans le secteur casino.
Si cette chute aux enfers perdure, l’avenir des quelques milliers de personnes que le groupe emploie, est menacé dans la mesure où cette société ne peut se résoudre qu’à une compression de son effectif. Bien qu’une énorme campagne soit menée pour la promotion du Partouche Poker Tour, en Texas Hold’hem, la crainte est encore loin d’être dissipée. Ce qui a peut être amené les syndicats FO et CGT à sensibiliser l’opinion à travers des manifestations populaires pendant les tournois, au Palm Beach à Cannes.
Ce fléau qui atteint le groupe Partouche reflète le mal qui ronge l’industrie du casino en France. Le ministère de tutelle français essaie de rassurer les différents acteurs en organisant des rencontres ou des séances d’informations sur la mise en place effective des procédures en vue de la légalisation des jeux en ligne, mais les machines à sous ne sont pas dans la ligne d'ouverture. Et c’est dans cette optique d’ailleurs que s'est inscrit le fameux colloque du 23 Octobre 2008.
Le colloque sur les jeux en ligne : C’est le sénateur François Trucy qui était à l’origine de ce colloque sur le marché des jeux de hasard et d’argent en France. 372 participants planchaient autour de 4 tables rondes sur les thèmes :
Le projet législatif français : L'ouverture française aux paris sportifs en ligne et au Poker sur Internet.
La nécessité d'une autorité unique et indépendante appuyée sur un observatoire des jeux.
Les demandes des opérateurs à l'approche de l'ouverture des jeux A quand un Las Vegas français ?
Le ministre français n’ayant pas pu venir, il a désigné son adjoint Sébastien Proto pour le représenter. En résumé, les engagements par l’état sont respectés, l’élaboration d’un cahier des charges et la soumission d’un projet de loi à l’assemblé seront effectifs avant fin 2008. Et ce, afin de pouvoir octroyer des licences d’exploitation après l’aval du Parlement en automne 2009.
Que ce soit Christophe Dhaisne pour Unibet, Dominique Desseigne pour le groupe Barrière ou Patrick Partouche pour le groupe Partouche, cette échéance de fin 2009 semble incertaine et une libéralisation pour début 2010 apparaît plus réaliste à cause des désaccords qui pourraient encore survenir lors de l’ouverture. Ils n’ont pas aussi oublié de rappeler les menaces quotidiennes qui guettent leurs activités à cause de l’interdiction de fumer et la concurrence déloyale de toutes les salles illégales qui opèrent dans le paysage français.
Eux, ils payent 58% de leur chiffre d’affaire à l’état alors que les sites en ligne amassent des bénéfices par centaines de millions d’€uros. Patrick Partouche suggérait même d’arrêter illico presto tous ces opérateurs illégaux en ligne, sinon il n’y aurait pas raison pour que son groupe continue à se conformer aux lois en vigueur. Il faudrait agir vite, soulignait-il, car les salles illégales grignotent de jour en jour l’affluence de nos casinos terrestres.
A l’issu de ce colloque, tous s’accordent sur le principe de jeux responsables, avec des offres alléchantes et légales mais soulèvent encore le problème sur la taxation qu’ils estiment « injustes ». Les points essentiels qui se dégagent de ce colloque sont :
- L’octroi des licences pour le second semestre 2009.
- La mise en place d’une autorité de régulation forte.
- Le contrôle des offres illégales.
- Une structure de prévention contre l’addiction aux jeux.
- Une possibilité aux opérateurs ayant des licences pour la publicité.
La décision du groupe Partouche : « Il y a un temps pour gueuler, et il y a un temps pour agir ». Ainsi s’exprimait Patrick Partouche, pour préparer l’opinion sur la décision qu’il prendra dans le futur. Sitôt dit, sitôt fait, le groupe Partouche envisage d’ouvrir ses sites...