Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker
Les paris sportifs connaissent actuellement un grand engouement. Recherche de loisir, activité purement ludique, ou appât du gain et d’un revenu complémentaire, beaucoup de personnes s’adonnent aux paris sportifs. Les parieurs se comptent aujourd’hui par millions et ce nombre n’en finit pas de progresser surtout depuis l’accès facile aux paris grâce à Internet.
Le pari sportif a pour but de faire un pronostic sur l’issue d’un évènement ou d’une rencontre sportive (match de foot ou de rugby, championnat de tennis, finale de basket, etc.) pour gagner de l’argent. Le pari est très facile, il suffit de faire la sélection (par exemple un match de football), de rentrer la mise (la somme que vous voulez mettre sur le pari), et de valider. Pour savoir combien peut vous rapporter votre pari s’il est gagnant, vous n’avez qu’à multiplier par la cote votre mise. Cette cote est déterminée par le bookmaker, c’est un indicateur de probabilité du résultat.
Il existe plusieurs types de paris:
le pari simple où il faut trouver le résultat d’une rencontre
le pari multiple, " parlay " ou " combiné " qui combine plusieurs paris simples, la cote finale équivalant aux cotes simples multipliées entre eux
le pari mi-temps dont le but est de trouver l’issue du match à la mi-temps
le pari score buts qui consiste à pronostiquer sur le score final, le nombre de buts marqués durant le match ou le nom du premier butteur ou de l’équipe qui a eu le premier point, etc...
le pari handicap qui pénalise une équipe virtuellement pour un équilibrage des cotes et un rééquilibrage du match
le pari gagnant placé où vous misez sur une victoire
et enfin le pari divers qui peut concerner par exemple le nombre de cartons rouges ou jaunes ou de corners, etc...
En Europe, on assiste à une grande recrudescence des paris sportifs qui s’explique par l’ampleur du marché. L’Institut Suisse de droit comparé a élaboré un rapport pour la Commission Européenne. Ce rapport a estimé à presque neuf milliards d’€uros les revenus nets de l’industrie des paris dans la totalité des pays membres de l’Union Européenne en 2003. D’après l’AFJL, dans la plupart des Etats européens, la dépense de jeu équivaudrait à 1 à 2% du produit intérieur brut. Internet représente pour les bookmakers une manne.
En Grande-Bretagne, les sites de ce genre seraient de 300 à 500. C’est par le Web, que les opérateurs de paris sportifs envahissent le marché français considéré comme bien prometteur. Le Nielsen Netratings a révélé dans une étude effectuée sur la saison 2004-2005 que 25% des Français visiteraient des sites relatifs aux jeux d’argent. Les trois plus importants sites qui se démarquent en France sur le marché des paris sportifs payants sont Unibet, Sportingbet et Bwin. D’autres sites plus modestes et plus récents comme Betclic ou Gamebookers se positionnent en challengers.
Ils proposent tous des paris sur une variété de sports. C’est le football qui détient le record quant aux mises. Sur Unibet, le deuxième marché est représenté par les courses de chevaux, alors que sur Gamebookers, c’est le tennis qui suit le football. En 2004 en France, sur environ 35 milliards de dépenses brutes, le PMU a collecté 7,56 milliards d’€uros de mises. Toujours la même année, les pronostics sportifs tels que le Loto Foot ou Cote & Match se sont chiffrés à 221 millions d’€uros, faisant ainsi les 2,6% des recettes brutes de la Française des Jeux.
Ainsi, le total des mises sur les paris sportifs a atteint un peu moins de 8 milliards d’€uros en 2004 en France. Toutefois, cette somme faramineuse ne représente que les 10% de la partie émergée de l’iceberg. Car l’industrie des paris sportifs et des jeux d’argent en général est à 90% souterraine à cause de la législation française.
Que ce soit les courses de chevaux sur lesquels le PMU détient le monopole ou les jeux d’argent dominés quant à eux par la Française des Jeux, les paris sportifs représentent une activité prospère et dynamique pour l’Etat français. Jusqu’à aujourd’hui, les paris sur les courses hippiques sont régis par la loi du 2 juin 1891, les loteries par la loi du 21 mai 1836, les jeux de hasard sont soumis à une réglementation datant de 1983. Le monopole étatique s’étend non seulement sur les jeux d’argent offline, mais également les jeux d’argent en ligne. Les parieurs essaient donc de contourner cette domination du marché par la Française des Jeux en jouant en ligne, utilisant la télévision interactive, ou la téléphonie mobile pour accéder à des sites basés dans d’autres Etats européens moins stricts sur le plan réglementaire.
Ce conflit de règlementations a amené la Commission Européenne à conduire une enquête sur les entraves légales relatives aux jeux d’argent dans plusieurs pays membres. Selon le traité européen, le jeu représente une activité de service. Pour respecter le principe de liberté de prestation de services prônée par le traité de l’Union Européenne dans son article 49, il faudrait donc que les mesures prises par les Etats membres concernant le jeu revêtent un caractère de nécessité, d’adéquation et de non discrimination. Ainsi, la Commission Européenne engage depuis quelques années des enquêtes à l’encontre de la France, l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne, la Suède, la Finlande, le Danemark, la Hongrie et les Pays-Bas concernant leurs réglementations en matière de jeux d’argent.
Le monopole et les loteries nationales ne sont nullement remis en cause tant qu’ils sont justifiés par un ou des motifs louables comme la protection contre l’addiction des citoyens au jeu par exemple. Le cas français est très ambigu du fait des bénéfices très conséquents que l’Etat retire du jeu. Le 6 novembre 2007, après une rencontre entre le ministre français du budget et Charlie Mc Creevy, le commissaire européen, une nouvelle orientation est prise par le gouvernement français. Après avoir affermi sa position les mois précédents, ce dernier serait disposé à ouvrir une ouverture du marché virtuel des paris sportifs, maîtrisée, certes, mais ouverture quand même.