Dans la grande course à la libéralisation des jeux et des paris sportifs, la France aborde la dernière ligne droite. Rendue inéluctable par des pressions venues de Bruxelles, la Commission européenne ayant déclenché en juin 2007 une procédure d'infraction pouvant déboucher sur des sanctions financières contre Paris, l'ouverture à la concurrence dans ce domaine est devenue l'un des chantiers prioritaires du gouvernement.
C'est donc vers la création "d'un nouveau modèle" que se dirige la France, lequel devrait largement s'inspirer des travaux menés sur le sujet par l'inspecteur général des Finances, Bruno Durieux. Selon des informations glanées par le quotidien économique Les Echos, le haut fonctionnaire, dans son rapport rendu la semaine dernière à François Fillon, a fixé des garde-fous visant à encadrer l'ouverture à la concurrence.
Il propose ainsi la création de licences pour les opérateurs intéressés, ces derniers devant en outre scrupuleusement respecter un cahier des charges fixé par la puissance publique. Une autorité de régulation pourrait également voir le jour. But de la manoeuvre: empêcher des dérives financières telles que le blanchiment d'argent ou la fraude ou encore lutter contre un phénomène d'addiction des joueurs. Sans oublier l'intérêt vital pour l'Etat de conserver la main sur un pactole estimé par Eric Woerth "entre 30 et 35 milliards d'euros par an" pour ce qui concerne les paris légaux, lesquels rapportent en outre 5,3 milliards d'€uros de recettes fiscales à l'Etat... Lire la suite ?
Alors que, sous la pression de la Commission européenne, la France s'apprête à ouvrir le marché des jeux et des paris en ligne à la concurrence, le Pari mutuel urbain (PMU) a publié, mardi 8 avril, un chiffre d'affaires au titre de 2007 en progression de 9 % à 8,84 milliards d'€uros.
Cette hausse s'explique d'abord par une augmentation du montant reversé aux joueurs. Il atteint désormais 74 % des mises, soit 6,54 milliards. Le solde est reversé à l'Etat (1,07 milliard) et à la filière cheval (sociétés de course, haras...) à hauteur de 727 millions. La progression est aussi due à la croissance du nombre de points de vente (390 ouvertures en 2007) et de l'éventail de courses, toujours plus large. Enfin, le PMU bénéficie du succès de son offre de paris sur Internet qui a généré, en 2007, un chiffre d'affaires de 431 millions d'euros (+ 31 %)... Lire la suite ?
Pressé par Bruxelles, le gouvernement décidera prochainement des modalités d'ouverture à la concurrence des jeux et paris. Sans doute « en 2009 ou début 2010 », nous annonce Eric Woerth, le ministre du Budget.
Tout est prêt, il ne manque plus que le feu vert de l'Elysée. L'ancien ministre Bruno Durieux a mené ces derniers mois, au nom de l'Inspection générale des finances, une mission visant à définir quelles pourraient être les modalités d'une ouverture à la concurrence des jeux en France. Matignon et Bercy ont reçu les conclusions de son travail en fin de semaine dernière.
Nicolas Sarkozy devrait les valider prochainement. Concrètement, la France devrait entrer, à l'horizon 2009 ou 2010, dans une nouvelle ère du jeu où les paris sportifs et les jeux de casino en ligne, à l'exception des machines à sous, seront autorisés. Les paris hippiques pourront, eux, être distribués par d'autres opérateurs que le PMU. Le système de paris mutuels sur les courses sera conservé... Lire la suite ?
Le PDG du PMU Bertrand Bélinguier a déjà réagi, en rappelant mardi la nécessité d'une "concurrence loyale". Le PMU payant des taxes d'Etat et alimentant la filière cheval française, il conviendrait donc que des concurrents fassent de même, estime le dirigeant. Selon lui, cette fiscalité d'Etat a atteint, en 2007, 927,8 millions d'€uros tandis que 727,2 millions d'€uros ont été versés aux sociétés de courses... Lire la suite ?
Fin 2006, l ’Espagne décidait d’ouvrir son marché sur le modèle britannique et autorisait les paris dans les salles de jeux et casinos. Peu avant, l’Italie avait annoncé qu’un certain nombre d’opérateurs dotés d’une licence pourraient prendre des paris sur internet. Mais le processus a viré au fiasco. Le gouvernement de Rome a été débordé par l’abondance des demandes de licences et a fait l’objet d’une nouvelle mise en demeure de la part de la Commission. L’Allemagne, de son côté, choisissait la prohibition. Le 1er janvier, est entré en vigueur une loi interdisant toute forme de pari en ligne dans 13 des 16 Länder de la République fédérale... Lire la suite ?
L'ouverture à la concurrence des jeux et des paris sur Internet annoncée par le ministre du Budget pour 2009 ou début 2010 est "une première avancée", mais le délai est "très long", a réagi mardi Ari Sebag, co-directeur général du casinotier Groupe Partouche SA. "Chaque jour qui passe, nous perdons la possibilité de prendre des parts de marché. C'est une première avancée, mais on préférerait que ce soit demain plutôt que dans deux ans", a déclaré le dirigeant à Dow Jones Newswires... Lire la suite ?