Mr. Laporte VS Mme Ruggieri, casino de Gujan-Mestras...
Source: Blog Casino Poker
Tel un ballon de rugby, l’affaire qui aura certainement fait couler beaucoup d’encre en mettant en situation difficile l’ancien patron du quinze de France risquerait fort de rebondir dans tous les sens avec la récente perquisition au Ministère de l’Intérieur. Ceux qui ne vivent que pour le sport auront connu M. Bernard Laporte comme étant celui qui a eu le malheur de diriger les bleus battus par les anglais lors du dernier mondial de rugby.
Mais ceux des Girondes l’auront connu comme étant cet homme d’affaires qui avaient entre ses mains la gestion de plusieurs camping et casinos de la région. Maintenant, on le connaît tous comme étant le Secrétaire d’Etat Chargé de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, un homme influant ayant les faveurs du Président. Comme cette affaire qui le met en cause, cette affinité de M. Laporte avec M. Sarkozy ne date pas de sitôt.
En effet, bien que cette affaire, portée en justice par la propriétaire indépendante du casino de Gujan-Mestras, porte le nom de Bernard Laporte, M. Sarkozy joue un rôle dans cette histoire digne d’une adaptation télévisuelle. Datant du temps où le Ministre de l’Intérieur était encore un certain Nicolas Sarkozy, Madame Ruggieri s’est vue refusée sa demande d’exploitation de machines à sous pour son casino situé dans la Gironde. Ce qui pourrait arriver à tout le monde sauf que pour son cas, le refus était des plus douteux car elle a estimé que la raison évoquée n’est pas justifiée...
L’Etat explique le refus par le nombre déjà élevé de machines à sous exploitées dans cette région ne permettant plus l’arrivée de nouveaux slots. Mais pour Madame Ruggieri, les motifs sont autres et sont nombreux, celui avancé par l’Etat n’a rien à voir avec les vraies raisons qu’elle va mettre à jour en portant l’affaire en justice.
En premier lieu, elle accuse M. Laporte d’avoir usé de ses relations pour bloquer sa requête. Puis la même personne est soupçonnée d’avoir essayé de lui extorquer 50% des actions de son casino moyennant une intervention auprès de M. Sarkozy pour l’accord de sa demande d’augmentation de machines à sous. Et dernièrement Madame Ruggieri a porté plainte contre X pour favoritisme dans l’octroi des licences d’exploitation de machines à sous dans la Gironde.
Cette affaire aurait pu se terminer en Avril lorsque la justice a acquitté M. Laporte sur les accusations qui pesaient sur lui pour faute de preuve, même s’il avoue avoir discuté avec la plaignante concernant les actions du casino, propos qui selon lui n’avait rien de sérieux, comme si on pouvait plaisanter sur de pareil sujet. C’était sans compter sur la ténacité de Madame Ruggieri pour avoir ses 150 machines. Bien qu’elle ait eu l’accord pour 50 machines puis 30 autres, cette dame ne compte pas en rester là, car il lui reste encore 70 machines à installer avec l’accord de l’Etat pour pouvoir faire fonctionner son affaire comme elle le voudrait.
On pourrait se demander pourquoi une centaine de machines à sous pourrait susciter autant les intérêts des gens qui ont autant de pouvoir. La réponse est celle qui revient toujours quand on parle de jeu d’argent : le gain. Effectivement, qu’importe la taille d’un casino, les machines à sous sont toujours les plus bénéfiques pour une affaire de ce genre.
Ces machines ne font pas seulement le bonheur des joueurs, au contraire, ce sont leurs propriétaires qu’elles rendent heureux et plus elles sont nombreuses dans une salle, plus elles génèrent des profits énormes pouvant représenter près de 90% du chiffre d’affaires d’un casino laissant ainsi les 10% restant pour les différents jeu de table comme la roulette et le blackjack. De plus, cette affaire est d’autant plus complexe du fait que les personnes impliquées sont des figures politiques...
Ayant été déboutée de sa première requête, parce que l’accusé « aurait plaisanté », Madame Ruggieri a de nouveau porter l’affaire en justice sous une autre forme bien que le « X » à qui elle porte plainte reste toujours M. Laporte. Cette fois-ci, c’est le fait d’être lésée dans l’attribution des licences d’exploitation des machines à sous qui est en cause, car le casino de Bordeaux pouvait augmenter son parc alors qu’il a été dit que la région commence à être surpeuplée de machines à sous. Elle estime donc que sa demande mérite un accord et qu’en fait, le refus n’était juste qu’un moyen d’épargner les affaires des gens comme Partouche et… Mr. Sarkozy.
Cette affaire pourrait donc aboutir dans les deux sens, soit Madame Ruggieri sera encore déboutée de sa demande, ce qui laisse encore présager une suite, surtout si la plaisanterie est encore avancée comme argument par la défense, soit elle obtient gain de cause, ce qui donnerait un sujet plaisant pour les journalistes avides de scoop. Dans tous les cas, la personne à encourager dans cette affaire sera la juge d’instruction en charge du dossier. Peu de juges auraient effectivement aimé être à la place du juge Françoise Desset, car il est parfois difficile de faire la part des choses quand on a des personnes au pouvoir comme suspects, surtout lorsque l'on a un grand chef hiérarchique, en la personne de Madame Rachida Dati, si proche du président et de…Monsieur Laporte.
Dans le cas où la plaignante obtienne gain de cause, seul le président sera à l’abri au moins pendant le temps de son mandat avec l’immunité dont il bénéficie. Les autres qui y sont concernés que ça soit de près ou de loin se verront poursuivis par la justice. A moins que d’autres têtes ne tombent à la place de ceux cités jusqu’à maintenant car, comme pour l’électricité, en politique ce sont les fusibles qui sautent en premier en cas de danger.
Pour Madame Ruggieri, jouer le rôle de victime est aussi plaisant dans la mesure où attirant les compassions populaires, elle devient subitement célèbre et pour un casino, c’est un coup de pub assuré surtout avec les difficultés et la baisse de fréquentation dont les jeux d’argent en générale connaissent actuellement, peut être bien qu’en passant, si elle obtient gain de cause, ses avocats vont demander une compensation sur les pertes qu’elle aurait encouru pour l’insuffisance de son parc. A suivre de près donc…