L’univers du poker ne cesse d’apporter chaque jour son lot de nouvelles. Si certains casinos se plaignent de la baisse d’affluence de leurs salles, d’autres fusionnent pour mieux affronter les concurrents potentiels sur le champ de bataille du marché des jeux en ligne. Si les français doivent encore attendre l’automne 2009, voire 2010 pour voir leur ciel des jeux dégagé de tout nuage d’interdiction, les italiens ont pris déjà des longueurs d’avance.
Le poker en ligne vient de se défaire d’une chaîne qu’il trimbalait depuis quelques années. Un petit saut vers la péninsule italienne, avec une petite incursion dans l’arène des jeux de poker en ligne. Historiquement, l’Italie a décrété une interdiction partielle de jouer au poker en ligne en 2006. Faisant fi des tractations en cours, à l’époque, au niveau gouvernemental aux Etats-Unis, l’Italie ferme l’accès des jeux en ligne aux étrangers, sur son territoire.
Cette nouvelle législation verserait dans l’illégalité les activités lucratives de quelques 600 sites internet. Cette décision risquerait d’inciter les autres pays européens à lui emboîter le pas. Cette nouvelle loi, dénommée Loi de finances italienne 2006 avait pour vocation de réduire les accès aux sites de paris sportifs en ligne étrangers qui s’insurgent dans l’espace italien. Une bonne part de la communauté européenne a exprimé leur indignation, car selon la RGA (Remote Gambling Association), cela s’apparente à une pure et simple violation des accords sur la libre concurrence entre les états membres de l’Union Européenne.
Et cette association n’en compte pas rester là, mais projette de solliciter les institutions européennes pour s’élever contre cette politique de l’état italien. En appui, son président, Clive Hawkswood, brandit la charte que chaque membre a admis et validé, selon laquelle « tous opérateurs de jeux d'argent à distance inscrits au RGA ont une autorisation pour déployer leur activité liée aux jeux dans l'Espace économique européen ».
Alors la RGA ne trouve aucune raison de priver les italiens des prestations des sites étrangers. Mais parallèlement aussi, l’Union Européenne, malgré cette incitation à la libre concurrence au sein des états membres, permet à chaque gouvernement de légiférer à contre courant si le texte se repose sur des bases à caractères moraux. Aussi la demande de la RGA risque de ne pas aboutir...
L’Italie ouvre son marché de poker en ligne :
Le nombre de joueur de poker augmente d’une manière phénoménale en Italie. Et cette évolution exponentielle n’est encore en passe de s’arrêter. Mais cela est suite logique des évènements dans la mesure où ce pays se situe dans les premiers rangs de ceux qui se sont constitués un cadre légal et des licences pour le poker en ligne. Et sa population peut en bénéficier librement. Sur une enquête menée dans une tranche d’âge de 14 à 64 ans, 4,3 millions de personnes avouent avoir joué au moins une fois dans sa vie, au poker en ligne. Ce qui représente 11% environ de la population. Aujourd’hui sur 670 000 personnes interrogées, les 480 000 s’adonnent assidûment aux jeux de poker.
Mais avec la suppression de l’interdiction des jeux en ligne, ces chiffres atteindront probablement les 1,7 millions si l’on se réfère aux intentions de ceux qui veulent désormais goûter aux joies du poker en ligne. Une des raisons de cette nouvelle tentation est que le poker se fait de plus en plus connaître en Italie car le nombre de personnes qui le pratique explose de 1,7 millions à 5 millions, entre début 2007 et juin 2008.
Et d’une manière générale quelques 14,5 millions d’italiens affirment avoir succombé à la tentation du poker sous quelque forme que ce soit. Certains y sont restés mais d’autres ont réussi à s’en débarrasser. Le poker se porte bien plus que jamais en Italie, le bon classement de Dario Minieri, italien d’origibe, aux deux derniers WSOP l’atteste incontestablement. Il semblerait que l’Italie ait su choisir le moment opportun pour se libérer de l’interdiction de jouer au poker en ligne, car le marché actuel est très prometteur et continue une croissance bien amorcée.
Le cas de PokerStars en Italie :
Parmi les premiers bénéficiaires, en Octobre 2008, PokerStars, une des plus grandes salles de poker en ligne, annonce qu’il a obtenu une licence d’exploitation sur le territoire italien pour PokerStars.it. L’AAMS (Amministrazione Autonoma dei Monopoli di Stato), l’autorité compétente italienne, vient de lui signifier son accord. Désormais, PokerStars est libre d’opérer légalement sur le territoire italien.
Traduit en chiffes, cette intégration de PokerStars dans l’espace des jeux d'argent en ligne italiens rapporterait plusieurs centaines de millions d’€uros de bénéfices, soutirés parmi les 500 000 joueurs que compte le parc italien. Cette opportunité offerte à PorkerStars contribuera à affirmer encore un peu plus sa présence dans l’univers du poker en ligne. Les autres opérateurs souhaiteraient que les autres pays européens en fassent de même. Un clin d’œil à la France, toujours aussi "molle" dans sa décision. PokerStars offrira des tournois de poker exclusifs pour les italiens avec des buy-in variant de 0,5 € à 100 €.
Plus les jeux en ligne seront libéralisés, plus le nombre de sites en ligne grimpera. Corrélativement, la quantité de joueurs suit également. La survie de ces sites dépendent énormément de l’affluence de leurs clients. Le risque incontrôlable d’avoir un jour tous nos enfants atteints de l’addiction aux jeux. Et cette maladie est très facile à contracter, mais il est très difficile de s’en défaire et que même l’issue est souvent fatale. Bien qu’aucune statistique vraiment fiable soit disponible, les autorités supputent quand même un grand fléau qui est en train de couver et qui sans prévention dès maintenant, risque de devenir bientôt non maîtrisable. Mais ce qui est vrai c’est que, quoiqu’il en soit, il faut être réaliste, ce sont ces joueurs trop assidus aux jeux qui font vivre les milliers de sites de par le monde. Alors il appartient à ces sites de veiller à la santé de leurs poules aux œufs… d’argent.