Censure d'une émission sur M6 concernant les jeux de grattage de la Française des jeux: L'affaire Robert Riblet démontée par les avocats de la FDJ...
Source: Le Monde.fr - L'Express - Article rédigé par: Pascal Ceaux et L'Express
Rappel des faits (7-02/2006): Selon le Monde, un sujet de "Capital" sur M6 a été censuré par la chaîne. Le mot "censure" y figure en toutes lettres et à plusieurs reprises. Dans un communiqué rendu public lundi 6 février, la société des journalistes de la chaîne de télévision privée M6 "s'indigne" du traitement réservé au reportage diffusé le 5 février dans le magazine "Capital" intitulé : Loto, la grande saga des jeux de grattage.
Le sujet, résultat de plusieurs mois d'enquête et long de 28 minutes dans sa version originelle, revenait sur les critiques formulées par un joueur à l'encontre des jeux de grattage (Le Monde du 31 janvier) commercialisés par la Française des Jeux (FDJ).
Robert Riblet dénonçait notamment l'inégalité des joueurs devant les possibilités de gains, alors qu'environ 2 milliards de tickets de grattage sont vendus chaque année.
Selon le communiqué, l'enquête de "Capital", qui démontrait la pertinence des propos du joueur, interviews de détaillants de la Française des jeux à l'appui, a fait l'objet d'une "coupe des huit minutes les plus embarrassantes pour la Française des jeux" et d'une "réécriture du commentaire par le directeur de l'information".
Deux passages du reportage, dans lesquels M. Riblet évoquait l'action judiciaire pour "tricherie" qu'il a engagée contre la FDJ — et une somme de 300 000 €uros qui lui aurait été proposée pour, selon lui, se désister — ont été supprimés.
Un responsable de la FDJ avait confirmé la réalité de cette offre, mais avait précisé qu'elle correspondait au paiement éventuel de la découverte d'une faille dans le système de sécurité des jeux.
"La censure visait notoirement à préserver les intérêts de la Française des jeux", conclut le communiqué de la société des journalistes, qui rappelle que la FDJ, avec 56 millions d'€uros en 2005, est le quatorzième annonceur publicitaire de M6.
En conclusion, les journalistes de M6 demandent "la diffusion du reportage mardi soir dans sa version originale". Sollicitée par Le Monde, la direction de l'information de la chaîne n'a pas donné suite.
L'émission "Nous ne sommes pas des anges", sur la chaîne cryptée Canal+, avait elle aussi prévu de consacrer son édition du vendredi 3 février à ce sujet. Le débat avait été enregistré la veille, avec la participation de M. Riblet et de statisticiens.
La direction de la FDJ, conviée par la chaîne, avait avancé des problèmes d'emploi du temps pour refuser l'invitation...
M. Riblet et son avocat, Me Gilbert Collard, ont saisi par lettre recommandée en date du lundi 6 février le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Dominique Baudis. Ils lui demandent de "diligenter une enquête" sur les conditions dans lesquelles M6 et Canal+ ont modifié ou déprogrammé leurs émissions.
"On a raison de défendre la liberté d'expression quand il s'agit des caricatures du Prophète, a déclaré Me Collard. Mais qu'on veille aussi à la protéger contre la censure économique, qui est aussi intégriste et radicale que l'autre."
Et à ce jour, le 7 Décembre 2007, selon le site l'Express.fr, la Française des jeux évite la mise en examen. Son PDG était entendu par la justice vendredi pour escroquerie. "Il n'y aura pas d'autre suite à cette affaire", assure l'avocat de la FDJ. L'un des clients de l'entreprise conteste l'intégrité des jeux de grattage.
L'audition du PDG de la Française des Jeux (FDJ), Christophe Blanchard-Dignac, par un juge d'instruction de Nanterre, près de Paris, s'est terminée vendredi en fin de matinée.
La FDJ "n'a pas été mise en examen", a affirmé un des avocats du PDG, Thierry Herzog, selon qui l'audition a duré environ une heure et quinze minutes et s'est "très bien passée".
Après cette audition, le juge d'instruction Alain Philibeaux, "a estimé qu'il n'y avait lieu à prononcer aucune mise en examen" après la plainte déposée par un joueur contestant l'intégrité des jeux de grattage, a ajouté Me Herzog. "Il n'y aura pas d'autre suite à cette affaire", a assuré l'avocat.
L'auteur de la plainte déposée début 2005 au tribunal de Nanterre, Robert Riblet, ingénieur et inventeur, affirme que les gains des jeux de grattages de la FDJ ne sont pas distribués "au hasard" comme les casinos en ligne, puisque pour certains, un seul ticket gagnant représentant une forte somme se trouve dans chaque lot de tickets.
Selon lui, certains buralistes et des accros du jeux, informés de cette particularité, augmentent leurs chances de gagner en ne piochant pas dans les lots qui ont déjà fourni un ticket gagnant.
M. Riblet a estimé ce vendredi que l'absence de mise en examen n'était "pas normale, compte tenu du dossier". "Au cours de la procédure, la FDJ a reconnu qu'elle intervenait pour répartir géographiquement sur le territoire les petits et les gros lots.
Cela démontre bien que ce ne sont pas des jeux de hasard (comme les casinos virtuels) mais des jeux programmés", a-t-il expliqué.
Me Thierry Herzog s'est au contraire félicité que "la justice ne se soit pas laissée égarer par les allégations du seul plaignant Robert Riblet, dont la thèse a été battue en brèche par les explications et les documents fournis par le président de la Française des Jeux".