Est-ce que la Française des Jeux est réellement concurrencée ?
Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker (Sébastien Turay - Livre: Française des Jeux - Jackpot de l'Etat)
Parier sur le prochain match de football, jouer à un tournoi de poker avec des dizaines de joueurs du monde entier ou encore essayer de décrocher le jackpot sur des centaines de machines à sous, cela est désormais possible en quelques clics grâce à Internet.
Les Français peuvent ainsi accéder en toute illégalité à des offres de jeux où les sommes promises sont colossales. En effet, la règlementation s'appliquant aussi à Internet, ces jeux en ligne sont prohibés (Jeux casino en ligne, poker et pari sportif)...pour le moment. Les dernières nouvelles nous démontrent désormais une ouverture du marché des jeux en France.
Nos concitoyens ont découvert le plaisir et la facilité de jouer sans sortir de chez eux, et ils sont de plus en plus nombreux à le faire. Avec des taux de redistribution plus avantageux et des cagnottes tout aussi importantes, les jeux en ligne se révèlent extrêmement attrayants.
On estime d'ailleurs que les Français ont dépensé entre 500 millions et un milliard d'€uros en 2006 dans les jeux d'argent sur le Net. L'industrie des jeux en ligne est la plus rentable après le sexe...
La Française des Jeux fait pâle figure avec seulement 100 millions d'€uros de chiffre d'affaires en 2006. Alors, pour se protéger de cette féroce concurrence, elle se retranche fermement derrière la règlementation que l'Etat lui a taillée sur mesure.
C'est donc une véritable guerre que l'entreprise et son actionnaire principal, l'Etat Français, ont déclaré à ceux qui menacent gravement le monopole, et qui attaquent directement leur "cheptel" de joueurs français, et surtout ses énormes bénéfices. Quoi qu'on en dise, cette guerre est avant tout économique.
Après plusieurs affaires entre la justice française et certains opérateurs de jeux, tel que l'affaire des dirigeants de bwin (premier bookmaker britannique), le gouvernement a réagi.
Les députés ont donc été sollicités, très discrètement , pour tenter de résorber l'hémorragie de joueurs préférant dépenser leur argent sur le Net plutôt que dans les jeux officiels.
C'est donc à l'issue de discussions à l'Assemblée nationale sur la loi relative à la prévention de la délinquance que plusieurs articles ont été ajoutés pour renforcer la lutte contre les jeux d'argent "illégaux".
On y retrouve des peines, des amendes, le blocage des flux financiers ou encore l'interdiction de publicité pour les sites de jeux en ligne, qui se voient ainsi fermer la porte du sponsoring sportif. Les joueurs ne sont pas non plus à l'abri de poursuites.
En effet, outre le fait qu'ils ne puissent pas encaisser leurs gains, ils prennent le risque d'un condamnation pénale en contribuant au financement de sites illégaux.
Cette complicité du délit commis par les exploitants de jeux en ligne est très sévèrement punie : 60.000 € d'amende et 2 ans d'emprisonnement, et 90.000 € et 3 ans dans le cas de courses hippiques.
Cependant, ce dispositif mis en place en 2006 par le ministère de l'intérieur de l'époque, M. Sarkozy, a été "démonté" complètement par la commission Européenne de Bruxelles. Il n'est plus en place actuellement suite à la libéralisation des jeux en ligne prévue dans quelques mois en Europe, dont la France.
Patrick Partouche, président du groupe du même nom, l'un des principaux groupes de casinos en France et parmi les plus importants, a dû s'expliquer devant les juges suite au lancement de casinos en ligne dont un basé à l'étranger.
Patrick Bruel fera lui aussi un passage remarqué de quelques heures dans le bureau de la Direction centrale des Renseignements Généraux à cause de sa collaboration avec un site de poker.
Nul doute, la France a déclaré la guerre aux opérateurs privés. Non seulement parce qu'elle se sent attaquée de toutes parts, mais aussi, et c'est là le plus inquiétant pour elle, parce qu'elle est visée par une procédure d'infraction initiée par la Commission européenne. Une réelle menace pour le monopole français.
Depuis le début 2006, chaque camp révise ses arguments et l'Etat français, le PMU ainsi que la Française des Jeux tentent de répondre aux coups portés au monopole par les autorités de Bruxelles.
La France est actuellement dans le collimateur de Charlie McCreevy, le commissaire européen chargé du marché intérieur et des services.
Cet ancien ministre irlandais de 58 ans, passionné de courses, voit d'un très mauvais œil les monopoles instaurés sur les jeux et il les juge non seulement très restrictifs mais aussi et surtout sans réelle justification...