La Française des Jeux plaide pour la fin des monopoles...
Source: LePoint - Article rédigé par: Charlotte Pons
Voici un "scoop" excellent ! Une journaliste du Point, Charlotte Pons dans un entretien avec le porte-parole de la Française des Jeux...
En position de monopole dans les faits, la Fédération française des jeux ne détient en réalité que 2% du marché du jeu en ligne.
A l’instar de Bruxelles, elle plaide donc pour l’ouverture à la concurrence, seul moyen de lutter contre la concurrence sauvage qui s’épanouit sur le Net en absence de tout cadre légal. Le porte-parole de la Française des jeux a répondu à ses questions.
Qu’attendez-vous des discussions à venir entre le gouvernement et Bruxelles ?
Un cadre juridique qui régule le marché et donne à la FDJ les moyens de se battre à armes égales avec les opérateurs étrangers. En ces termes, nous avons tout à gagner de l’ouverture à la concurrence.
La FDJ est donc pour la fin du monopole et l’ouverture du marché à la concurrence ?
Clairement. Mais tout simplement parce que ce monopole n’existe pas. Ou plus exactement, ce sont les opérateurs étrangers qui exercent un monopole. Ils détiennent aujourd’hui 98 % du marché.
Hors paris hippiques, le marché du jeu sur Internet en France représente 460 millions d’€uros dont seulement 10 millions pour la Française des jeux.
Pour exemple, un site comme Unibet enregistre 100 000 transactions par jour, contre 10 000 par semaine pour la FDJ. Aujourd’hui, la concurrence existe mais elle nous est préjudiciable, car non régulée. Et la solution n’est pas dans le contentieux...
Vous faites allusion à l’arrestation du pdg d’Unibet ?
Oui...Tout comme le PMU, la FDJ avait pourtant déposé plainte contre Unibet. D’autant que le contentieux, tout comme le fait de reculer sur des discussions avec Bruxelles, freine notre évolution. Une entreprise ne peut pas se développer sans savoir de quel cadre juridique demain sera fait.
Quelles seraient les grandes lignes de ce cadre juridique ?
Il faut d’abord définir notre responsabilité par rapport au parieur : limiter les sommes misées, prendre garde à l’âge... Certains opérateurs étrangers disent interdire le jeu aux mineurs mais ils ne demandent une carte d’identité qu’une fois qu’il s’agit de payer ! Entre-temps, le parieur a le temps de perdre de l’argent.
Qu’en est-il de la fiscalité ?
Là encore, il faut un cadre juridique qui vienne harmoniser la fiscalité, car c’est de là que découle l’aspect compétitif. En France, elle est de 20 %, alors que certains opérateurs bénéficient de la fiscalité maltaise à 1 % !
Vous voudriez voir votre fiscalité abaissée ?
Ce n’est pas l’enjeu du débat. L’important c’est avant tout l’harmonisation. A combien ? C’est une autre question. Mais il est certain qu’il faut une fiscalité adaptée à la sensibilité du secteur qui additionne les risques liés à l’Internet, aux jeux d’argent, en l'occurrence les paris sportifs. Enfin, il faut une fiscalité qui rétribue le sport.
En amont, quelles sont les conditions pour une ouverture à la concurrence ?
La maîtrise du calendrier est essentielle. En France, tous les secteurs qui se sont ouverts à la concurrence ont eu le temps de se préparer. Il faut qu’on nous laisse du temps.
Je pense notamment aux plates-formes: aujourd’hui la FDJ ne propose que 5 sports sur lesquels parier, quand les opérateurs étrangers en proposent en moyenne 80.
Ce genre de considération doit être pris en compte si l’on veut que la FDJ trouve sa place sur le marché. Mais la sauvegarde des opérateurs nationaux est de toute façon dans l’intérêt de l’économie française : nous représentons des emplois.