Qui sont les actionnaires de la Française des Jeux ?...
Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker (Sébastien Turay - Livre: Française des Jeux - Jackpot de l'Etat)
La principale curiosité dans l'organisation de la Française des Jeux est son actionnariat. Elle cache dans son capital 20% d'actionnaires privés. Ils ne sont plus que sept aujourd'hui à représenter l'entreprise publique. Ils touchent des redevances et des dividendes alors qu'ils n'ont plus aucune activité dans l'entreprise et donc plus de légitimité, si ce n'est historique. Leur utilité remonte en effet à l'époque où ils étaient encore des émetteurs de la Loterie nationale.
On retrouve ainsi au premier rang, ceux par qui tout a commencé : les Geules cassées. Cent ans plus tard, ils sont toujours là et détiennent 9,2% des actions de la FDJ, les plaçant comme principaux actionnaires privés. En 2006, l'association a ainsi reçu près de 10 millions d'€uros de la part de l'entreprise. De plus, ces précurseurs des jeux de loterie en France ont appris à gérer ces énormes flux financiers et ont placé leur argent. On estime leurs réserves à plus de 100 millions d'€uros...
Le second actionnaire privé est la Fédération André-Maginot, qui défend les droits des anciens combattants. Elle détient 4,2% du capital de la FDJ. Elle reste cependant discrète concernant la provenance de ses ressources financières, ce qui pourrait cacher une source de financement qui prêterait éventuellement à polémique. Elle a tout de même touché 5 millions d'€uros en 2006.
On retrouve au troisième rang une société côté en Bourse. Propriétaire de 2,6% de la Française des Jeux, Idsud est une société anonyme spécialisée dans le placement financier. Elle émettait auparavant des billets de Loterie nationale dans le Sud de la France. Elle a touché 3,5 millions d'€uros en 2006, soit 50% de son activité économique. Sa cotation boursière l'oblige à publier des données financières très précises.
Le quatrième actionnaire privé est la Confédération des buralistes. Avec 2% des actions de l'entreprise, leurs propriétaires touchent une rente annuelle de près de 3 millions d'€uros sans lever le petit doigt. 70% du chiffre d'affaire de la FDJ est réalisé par les 24.000 buralistes de France. C'est donc pour eux un juste retour des choses.
Au cinquième rang, on retrouve la "mutuelle du Trésor". C'est la mutuelle de santé des fonctionnaires du Trésor public. Son activité n'a pas grand-chose à voir avec le monde des jeux. Elle voit pourtant ses caisse se remplir d'un million d'€uros chaque année. Elle avait décidé à l'époque de vendre des dixièmes de billets de loterie, avant de devenir un partenaire incontournable du Loto et de l'organisation des jeux, pour finir dans l'actionnariat de l'entreprise d'Etat à hauteur de 1%. Joli jackpot :)
Les deux derniers actionnaires privés sont des "petits" actionnaires. Ce dont deux entreprises familiales, restées silencieuses, et qui ont résisté à toutes les crises qui ont marqué la création et la réorganisation des jeux de loterie. La Camalo est la Compagnie marseillaise de loterie, dernier émetteur en date de la Loterie nationale officiellement enregistré. Les Emissions Berger, est l'une des sociétés ayant mis sur le marché les dixièmes de la loterie. Elle détiennent respectivement 0,6% et 0,4% de la FDJ pour un montant de 800.000 € et de 500.000 €. Ces très jolies rentes de la FDJ peuvent susciter bien des convoitises. Mais inutile d'espérer faire un jour partie du cercle très fermé des actionnaires. Le capital de l'entreprise est bel et bien verrouillé.
En attendant, les actionnaires ont déjà touché une cagnotte supplémentaire. La Française des Jeux avait en effet provisionne dans ses comptes, une réserve pour "fin de convention". Initialement prévue en 2008, l'Etat a écarté toute date butoir en 2006 par un décret, faisant de l'entreprise publique son opérateur de jeux officiel, et cela pour une durée indéterminée. Cette fameuse indemnisation était donc destinée aux actionnaires si l'entreprise venait à cesser son activité. La convention étant désormais à durée limitée, la FDJ leur a donc généreusement redistribué cette réserve. Ces derniers ont ainsi vu leurs dividendes multipliés par 2 en 2005. L'entreprise publique sait se montrer prodigue.
Après les opérateurs passifs, voici les opérateurs actifs : les salariés de la FDJ. Travailler pour cette entreprise a de nombreux avantages. En effet, elle a toujours su se montrer généreuse avec les quelques 900 personnes qu'elle emploie sur ses différents sites. Outre les salaires plus qu'honorables pour certains cadres dirigeants, l'entreprise assure un 13ème mois, et même plus grâce à la participation et à l'intéressement au chiffre d'affaire. Les employés sont également actionnaires de l'entreprise à hauteur de 5%, ce qui leur a assuré l'an dernier un bonus global de près de 5 millions d'€uros. Soit une prime moyenne de 5500 € par salarié.
Les salaires de certains dirigeants se sont envolés quand le chiffre d'affaire entre 2000 et 2005 a augmenté de plus de 30%. Toutefois, la politique salariale est soumise au strict contrôle de la direction du Budget, qui ne trouve rien à redire sur la générosité de l'entreprise. Seule la Cours des comptes épingle la FDJ sur ses indemnités de licenciement des cadres dirigeants, jugées trop élevées (plus de 100.000 €). Des indemnités qui restent particulièrement hautes et injustifiables pour des fonctionnaires d'Etat trop bien soignés.
Le siège social se situe à Boulogne-Billancourt. C'est le centre névralgique de l'entreprise. Là où se prennent toutes les décisions stratégiques. Plus de 400 personnes y travaillent chaque jour. Environ 100m plus loin dans une immeuble anonyme, se situe la filiale de retransmission des tirages, issue à 100% de la FDJ. Enfin, c'est à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône que bat le cœur de l'entreprise : le centre informatique de la FDJ, véritable blockhaus aux mesures de sécurités extrêmes.
Les ordinateurs sont capables d'y gérer 1000 paris à la minute et sont le centre de traitement de millions de paris quotidiens. Vitrolles, un nom qui parle aussi aux 40.000 revendeurs de la FDJ, qui organise des mises à niveaux et des journées de formations. L'entreprise ne recule donc devant aucune dépense pour que son réseau de vente soit le plus performant possible...