La Fédération Française de Tennis s’attaque aux sites de paris sportifs...
Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker
Les bookmakers Bwin, Betfair et Ladbroke sont les trois compagnies consignées par le tribunal des référés de liège en Belgique que la FFT a saisi. Elle se lance dans cette bataille juridique dans le but de faire interdire les paris en ligne sur les matchs du tournoi de Roland Garros, et cela avant l’édition de 2008.
Son choix s’est arrêté sur ces trois organisateurs de paris en ligne, leur siège étant dans l’Union Européenne, et pour ne pas « s’épuiser à poursuivre des centaines de sites » selon son directeur général Jean-François Vilotte. La pénalisation de ces trois grandes affiches du pari sportif, ferait jurisprudence et permettrait de faire pression sur les autres bookmakers. A noter que les grands clubs de football européens attendent avec impatience l'issue de cette procédure.
Les enjeux sont de taille. En fait, l'objectif principal de la Fédération Française de Tennis (FFT) est d’obtenir sa part de royalties, car elle prévoit l'ouverture du marché des jeux en ligne, dont les paris sportifs courant 2008/2009.
A quelques mois du début des matchs, la FFT a de bonnes raisons de craindre une explosion des paris sur son tournoi du Grand Chelem. Elle a fait ses calculs après le dernier tournoi de Bercy, épreuve organisée sous son égide. Alors que le Paris-Bercy affichait 10 millions d’€uros de chiffre d’affaires, avec 2 millions de prime reversés aux joueurs, les paris sportifs ont mobilisé des mises hallucinantes.
Cette estimation des mises a été faite à partir du système de monitoring mis en place par la FFT . Jean-François Vilotte explique que « environ 150 sites proposaient de miser sur les matchs de Bercy », et d’ajouter que « rien que sur Betfair, de loin le premier site, 230 millions d’€uros ont été misés. En tout, on peut estimer qu’entre 500 millions et 1 milliard d’€uros ont été engagés durant le tournoi, avec des pics à 15 millions par match lors des derniers tours ». Il est certain que de telles pratiques seront de nouveau mises en place lors du tournoi de Roland Garros. Pour preuve, la FFT a assigné au fond, devant un tribunal français, les sites Unibet et Expekt qui proposent déjà des paris sur l'édition 2008 de Roland-Garros.
Ensuite, il y a un véritable problème d’éthique. Les risques de corruption des joueurs, ainsi que des organisateurs, par le biais des trucages des matchs augmentent avec l’importance des sommes misées. Jusqu’à ce jour, aucun cas n’a été relevé, mais la FFT veut protéger l’image de marque de Roland Garros et faire taire les suspicions. L’ouverture imminente du marché des jeux sportifs en ligne aux autres pays européens, imposée par Bruxelles, corse la bataille ! Il est primordial pour les fédérations comme la FFT de prendre les devants. Selon le Code français du sport, seul l'organisateur possède le droit d'exploiter sa manifestation. Dans ces conditions, il est inévitable que l’exemple de la FFT fasse tache d’huile dans tous les domaines du sport !
Les sites de paris en ligne ont du souci à se faire, mais le problème n’est pas nouveau et il semblerait que la FFT-même, avant d’attaquer, se soit inspirée de l’affaire de la Juventus. Le club de football turinois avait effectivement fait condamné par le tribunal de grande instance de Paris, en Janvier 2005 Unibet et William Hill. Ces deux sites de paris sportifs en ligne auraient utilisé frauduleusement la marque Juventus. Le tribunal a jugé que les deux bookmakers se sont servis de la notoriété du club pour faire la promotion de leur propre société. Unibet avait argumenté alors que "la citation du nom de Juventus n’a servi qu’à identifier un match pour lequel, les paris étaient proposés".
Même si la condamnation était symbolique, les bookmakers ont été condamnés à verser un €uro symbolique, le principe a été tranché par la justice. C’est sur, le cas a fait école. La Française des jeux dont le monopole des paris en ligne était encore très protégé il y a peu, a été très critiquée par les clubs de ligue 1. Le ministre délégué au budget, répondait alors à ces derniers au sujet de l'utilisation controversée de l'image et des logos des clubs par la Française des Jeux sans aucune contre-partie. Il arguait que les clubs de Ligue 1 avaient d'autres moyens de financement et qu'ils n'avaient pas besoin d'aide supplémentaire. De plus, il précisait que la Française des Jeux avait reversé aux petits clubs amateurs 250 millions d'€uros, soit une bonne partie des gains réalisés par le loto sportif.
Les clubs campant sur leur position, ont rétorqué qu’ils ne jugeaient pas normal que ce soit la Française des Jeux qui récolte de l'argent en profitant de la notoriété des clubs professionnels, et qui redistribue une partie de cette argent au football amateur. Que ce rôle devait être dévolu à la Fédération Française de Football. Celle-ci selon eux, devrait répartir les richesses du football français entre les clubs professionnels et amateurs, et que cela ne relevait surtout pas d’une institution qui prend une part des bénéfices aux passages.
Avec toute l’accumulation de ces événements, la succession des décisions de justice et les cas qui font jurisprudence, les compagnies de paris sportifs en ligne ne sont pas dupes. Elles ont bien conscience qu’à plus ou moins longue échéance, elles devront prendre part globalement au financement du sport. Mais elles ont le temps de s’y préparer et de se faire encore d’énormes recettes avant que ce ne soit applicable. La mise en œuvre de nouvelles dispositions nécessite, en effet, une ouverture totale du marché, ainsi qu’une harmonisation des lois européennes.
Les fédérations sportives et les ligues, auront à travailler pour faire comprendre rapidement aux législateurs leurs intérêts et faire avancer les choses dans leur voie. Pour chacune des deux parties, ce n’est plus qu’une question de temps, mais dans des sens contraires ; En attendant, les avocats de la Fédération Française de Tennis vont demander 50 000 €uros d’astreinte par jour à ceux qui utilisent la marque Roland-Garros sans son autorisation. La décision ne se fera pas attendre puisque c’est une procédure en référé. Cette action en justice sera plaidée le 11 avril. La FFT espère fortement qu’une décision sera rendue avant le 25 mai, date de début du tournoi de Roland-Garros.