Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker
Si le poker est devenu un phénomène de société en France, en l’espace de deux ans, c’est en grande partie à la retransmission des moments forts du World Poker Tour à la télévision, qu’il le doit.
Orchestrée par le néophyte mais enjoué Denis Balbir (remplacé depuis peu par Lionel Rosso) et par Patrick Bruel, véritable ambassadeur de ce jeu sur notre sol, l’émission « World Poker Tour » proposée par Canal +, s’inspire des spectaculaires shows américains, dont l’efficacité n’est plus à prouver.
La quintessence de la première saison de cette aventure télévisuelle, soit six tables finales de tournois majeurs, figure sur un coffret Dvd… l’occasion pour nous, à la lecture du disque, de revenir sur les temps forts d’une année "très" poker !
En entrée sur le menu, l’incroyable finale du Commerce casino’s L.A. Poker Classic. On a coutume de dire aux spectateurs, apprentis joueurs à leurs heures, de s’inspirer des tactiques mises au point par les champions…
Attention tout de même, certains coups ne sont à tenter que par des joueurs très expérimentés. La façon dont Antonio Esfandiari et Vinny Vinh vont se frayer un chemin jusqu’au tête à tête, à grand renfort de bluff, de contre-bluff et de « contre contre bluff », jouant des mains périlleuses, risquant leur chemise à tout bout de champ, tient de l’exercice de funambule, trop dangereux pour le simple joueur du dimanche :)
La main ultime est très représentative de cette partie d’arroseurs arrosés : Vinny est attaqué, il décide de relancer et d’aller à tapis avec Q 4 – tout cela se passe en pré flop - Antonio, qui pour une fois n’avait pas bluffé, paye et dévoile… As As. Pas de loterie miraculeuse, il remporte le tournoi.
La seconde partie met aux prises des joueurs aux styles de jeu très contrastés. Elle se déroule à Atlantic City, à l’occasion du Borgata Poker Classic. D’un côté de la table, des joueurs confirmés, très agressifs, parmi eux Carlos Mortensen, Noli Francisco et David Oppenheim.
De l’autre, d’illustres inconnus, ayant obtenus leur ticket sur Internet, un peu trop tendres et paralysés par l’événement, à l’instar de Randy Burger, qui laissera passer une immense opportunité par manque d’expérience. Mais son mérite est grand, il s’est hissé jusqu’à ce niveau de la compétition, en se qualifiant via un site de poker proposant un satellite en ligne, pour la modique somme de… 12 $.
De quoi faire des envieux ! Au milieu de ce beau monde, un électron libre, le fantasque Charlie Shoten, dont les nerfs ne sont pas d’une extrême solidité, mais qui reste totalement imprévisible, illisible. L’éventail très large des profils de joueurs, c’est ce qui fait le charme principal de cette partie, où la hiérarchie sera finalement respectée.
La confrontation suivante flatte notre fibre patriotique. Non contente de se dérouler dans le très classieux « Aviation club de France » à Paris, elle permet à deux représentants tricolores de se distinguer : Jan Boubli et David Benyamine, qui se retrouveront lors du duel final, le titre revenant au second cité.
Le spectacle est lui, assuré par Georges « le Grec ». Il s’attire la sympathie du public en se montrant tour à tour : clownesque, héroïque, extraordinairement chanceux, incroyablement malchanceux… Bref, un grand prix de France de toute beauté, que de plus en plus de joueurs renommés cocheront d’une croix sur leur calendrier.
La suite du programme est à montrer dans toutes les écoles de poker. Elle nourrit un peu plus la légende de Doyle Brunson. Souverain, impressionnant sous son chapeau de cowboy, armé d’une réussite arrogante et d’un sens tactique digne de Machiavel, il va écoeurer, un à un, tous ses concurrents. Sa botte secrète : jouer de petites mains invisibles : 6 4, 5 3, A 5… Repassez-vous ses coups en boucle, vous en sortirez grandi !!!
Une compilation de parties de poker ne serait pas la même sans Gus Hansen et Daniel Negreanu, joueurs stars et stakhanovistes du circuit, qui écument tous les tournois, et se retrouvent très souvent dans les phases finales. Ils se connaissent par cœur, comme de faux frères. Et quand en plus, un certain Hoyt Corkins joue les arbitres, il n’y a plus qu’à faire crépiter les pop-corns. Après de vertigineux retournements de situation, c’est Hansen qui aura le dernier mot, dans cette partie de haut rang.
Pour clôturer cette session, le festival de mauvais goût signé Tony G à « l’aviation club de France », lors de l’Euro Final… Il va tout tenter pour saper le moral de ses adversaires et prendre sur eux un ascendant psychologique : insultes, provocations, imitations, humiliations…
Mais qu’on tolère ou non ce genre de comportements excessifs, ils font partie du poker, et épicent un peu le spectacle qui prend l’allure ici d’un film de Martin Scorsese. Malheureusement pour le tempétueux Tony, il y a un dieu de l’élégance, qui lui ôte à la dernière seconde la victoire, pour l’offrir au sobre joueur d’origine indienne : Surinder Sunar.
Tours de passe passe, opposition de style, réussite de représentants français, leçon d’un étoile à son firmament, présence de la crème de la planète poker et de joueurs au tempérament haut en couleur, voilà les ingrédients qui composent la recette de cette première fournée des meilleurs moments de l’émission « World Poker Tour »… un menu copieux, riche et varié, qui devrait apaiser la gourmandise des aficionados, et qui espérons le, sera suivi par d’autres festins.