« Les jeux de hasard avec des gains sont interdits en dehors des casinos ou des cercles agrémentés, même dans un cadre privé ». Autrement dit, tous ceux qui organisent des jeux privés pouvant rapporter des gains aux joueurs sont des hors-la-loi. Et ils sont légions, pour ne citer que certains cafetiers qui emménagent des arrière-salles pour organiser des jeux de hasard comme le bingo ou le poker.
Encore que le poker est plutôt, paraît-il, qualifié de « plus jeu d’adresse que de hasard ». Dans certains pays, comme la Suisse ou le Royaume-Uni, le poker peut se pratiquer en dehors de casinos. En France, pas encore et encore moins le bingo...
C’est ainsi que la brigade de répression du banditisme, dans la région de l’Ile-de-France, tente d’éradiquer le phénomène qui tend de plus en plus à se propager. Alors découvrons cet univers animé des jeux clandestins, ses enjeux et retombées économiques.
Au début de l’année 2008, le jeu de cache-cache entre les cafetiers et les agents de la BRB en Ile de France (Brigade de répression du banditisme) vire au vinaigre. En effet, les enquêteurs de la police judiciaire parisienne ont débusqué des dizaines de machines à sous installées clandestinement dans plusieurs bars de l’Ile de France. Véritable réseau en marge de la légalité, cette découverte traduit la prolifération inquiétante des jeux clandestins. Sur la soixantaine de machines découvertes, 90% se portent sur le Bingo et le reste sur le vidéo poker.
Les machines en elles-mêmes sont autorisées par les douanes, tant qu’elles servent qu’à faire gagner des points aux joueurs. Mais rien que des points... Hum, qui va jouer pour des points ? Personne évidemment. L’activité bascule dans l’illégalité dès lors que ces fameux points deviennent de l’argent. Et selon Eric Lepors, chef du groupe jeux de la BRB, les joueurs acquièrent de plus en plus d’habilité qu’il s’avère de plus en plus difficile de déceler des infractions à la loi.
En moyenne, le cafetier et le placier se partageraient mensuellement 1500 à 5000 €uros. Des investigations fraîchement menées ont rapporté que des fratries de Kabyles sont impliquées dans ces pratiques clandestines. L’argent amassé est transféré en Algérie et blanchit dans l’immobilier. Alors, les actions de la BRB, continue Eric Lepors, viseront en priorité à enrayer cette fuite de capitaux. Et à grandes échelles, le fléau risque de gripper, plus ou moins, le mécanisme économique.
Par ailleurs, ce sont surtout les établissements endettés, auxquels les institutions financières, comme les banques, ont tourné le dos, qui sont concernés. Alors ils basculent dans les jeux clandestins pour équilibrer leurs bilans. Ceci expliquant cela, il n’est pas à exclure que cette nouvelle interdiction de ne pas fumer en public n’incite pas aussi les fumeurs à déserter bars et cafés. Malgré les cris de détresses du collectif "Sauvons les cafés" et qui réclame la légalisation de la pratique, l’état reste sourd, selon Cyril Perreira, le porte-parole.
Dans un contexte plus étendu, l’état français veille vraiment au grain pour ces histoires de blanchiment d’argent, si bien que l’octroi des licences a été suspendu, les renouvellements, décortiqués au microscope et plusieurs établissements ont dû déjà fermer leur porte. D’un côté les inspecteurs de l’état reprochent aussi à ces activités illégales de mauvaises conditions de travail. De l’autre, les cafetiers prétendent qu’ils génèrent du travail. Qui a raison et qui a tort ?
Ce qui est sûr, c’est qu’un "placier" attrapé peut purger jusqu’à sept ans de prison, majorée encore d’une amende conséquente pour implantation de machines illégales. Le cafetier, lui, peut endurer une fermeture administrative de six mois, pour cause de complicité. Mais quoiqu’il en soit, 15 000 à 40 000 "Bingo" tourneraient actuellement en France.
Les jeux de poker sont aussi souvent sujet aux polémiques similaires. Le poker fait-il partie de jeux de hasard ? Oui, répondrait certainement la Française de jeux qui protège son pactole, société d’état français, plus pour longtemps néanmoins. Non, rétorquerait certainement le joueur de poker. Car le hasard ne bluffe pas ! En Australie d'ailleurs, l'Etat a approuvé dernièrement que le poker ne relevait pas du hasard.
Il faut savoir qu'en Allemagne, en Espagne et en Italie, ces machines de bingo considérées comme illégales en France...sont autorisées. Pourquoi ? Car il s'avère, et c'est prouvé, qu'elles évitent le blanchiment d'argent et génèrent des emplois. Alors pourquoi encore ne pas passer ce cap de la légalisation de ces "bingo" ? Certainement pour protéger les casinos terrestres Français comme les Partouche, Barrière et les autres grands groupes. La France est placée au 2ème rang mondial pour son nombre de casinos terrestres, derrière les Usa.
C'est toujours les petits qui trinquent en France direz-vous ? Oui, dans cette profession, il semble fort que les cafetiers sont cantonnés dans un cadre législatif "un peu fort de café". Les casinos terrestres rapportent une manne d'argent volumineuse à l'Etat Français, alors pourquoi légiférerait-il en faveur des cafetiers pour l'implantation de ces machines de bingo ?
Or, il s'avère que les cafetiers de France ont besoin de rentrées supplémentaires: baisse du pouvoir d'achat, interdiction de fumer, hausse du tabac et bien d'autres arguments évidents comme la soudaine apparition de la Française des Jeux dans certains supermachés de proximité, genre super U.
La grogne des cafetiers devient réelle: ils subissent désormais de plein fouet une concurrence déloyale avec la FDJ dans les supermarchés. La banque postale s'en va, la Française des Jeux arrive et ce sont les cafetiers qui boivent la tasse...