Andy Beal, le pari fou d’un multimillionnaire... (chapître 1)
Source: Blog Casino Poker - Article rédigé par: Blog Casino Poker
Qui a déjà lu le roman « La Gagne » écrit par Lenteric reconnaîtra dans cet article l’intrigue de ce livre : l’histoire d’un banquier qui met sa fortune et toute sa vie en jeu autour d’une table de Poker. L’histoire d’Andy Beal est similaire à celle du héros, Alex Van Heeren, de ce roman.
Ce millionnaire et génie des mathématiques met au défi qui le souhaite de l’affronter en Heads Up (en tête à tête) dans des parties de High Stakes à 40 millions de dollars. Bien que plusieurs joueurs professionnels et multimillionnaires acceptent, aucun ne voudrait risquer de perdre toute leur Bankroll : mieux vaut alors s’unir ! Ils forment ainsi « The Corporation » et investissent chacun des fonds propres.
Né en 1952, Andrew Beal arrive à Dallas en 1979 fraîchement sorti de l’Université de Baylor. Il se lance dans l’immobilier avec pour première opération l’achat d’une maison à 6 500 dollars qu’il met en location à 119 dollars par mois. Il continuera alors à investir. A l’âge de 35 ans, il crée la Beal Banque grâce aux gains amassés par l’acquisition de petites sociétés en faillite qu’il redresse pour en tirer un bon bénéfice.
Il ne lui faudra que huit ans pour faire de cette banque l’une des plus profitables du Texas. Actuellement, cet organisme se classe le plus souvent parmi les toutes premières banques américaines. Beal est un génie des mathématiques et c’est d’ailleurs la raison du grand succès de la Beal Banque : selon le site de la société, la clé essentielle du succès aura été « sa psychologie d’analyse mathématiques prudente » pour avoir la capacité à évaluer avec précision quantitativement le prix et le risque encouru.
En 1993, Beal tente de trouver une alternative plus simple au théorème de Fermat et invente ainsi une énigme numérique connue dans la fraternité de mathématiciens sous le nom de « Beal Conjoncture ». Beal propose un prix de 100 000 dollars à qui saura la résoudre.
En 1997, il monte Beal Aerospace : il veut créer la première société privée à lancement de satellites dans l’espace. Beal découvrira assez vite qu’il lui sera difficile - pour ne pas dire impossible - de rivaliser avec la NASA et le gouvernement fédéral dont les budgets sont illimités. Il cessera en octobre 2000 toutes les opérations en cours.
L’homme d’affaires ira une fois de plus à l’encontre du bon sens, en achetant après la tragédie du 11 Septembre 2001 les lignes du domaine aérien. Les prix sont très bas à l’époque et Beal espère alors que les lignes aériennes se remettront rapidement du drame ce qui entraînerait par conséquent une hausse des prix sur le marché.
Cet investissement s’avérera des plus fructueux dès l’année suivante et la Beal Banque réalisera ainsi un profit de près de 70 millions de dollars. Sa réussite professionnelle est somme toute des plus spectaculaires mais ce sont toutefois ses résultats lors de ses parties de Poker qui nourriront sa légende.
Joueur de Blackjack dans sa jeunesse, Beal commence en 2001 à fréquenter le Bellagio à Las Vegas pour y participer à des parties d’argent de Poker, en particulier à des têtes à têtes de Texas Hold’Em. Il ne faudra pas longtemps à ce multimillionnaire pour constater qu’il est doué au Texas Hold’Em $80/$160 et pour décider de s’essayer aux tables $400/$800. Grand amateur de jeu, il propose bientôt des parties de High Stakes à 40 millions à qui se sent en mesure de l’affronter. Plusieurs joueurs professionnels décident alors de relever le challenge mais avec la crainte de tout perdre face à ce génie incontestable…
C’est pour cette raison qu’ils préféreront s’allier pour défier ce personnage. Ils forment ainsi « The Corporation », un groupe de 16 joueurs de poker pro, tous plus talentueux les uns que les autres, qui rassemblent des fonds pour relever le défi de Andrew Beal. L’équipe réunit des noms tels que Doyle Brunson, Johnny Chan, Chip Reese, Jennifer Harman, Howard Lederer, Chau Giang, Gus Hansen, Phil Ivey ainsi que d’autres joueurs dont la participation sera plus occasionnelle comme Ted Forrest et Barry Greenstein.
Les raisons d'Andy Beal pour jouer autant d’argent au Poker donneront bien sûr naissance à toutes sortes de spéculations : certains le voient comme un « original », tandis que d’autres imaginent bien au contraire des raisons cachées et parfaitement calculées, en l’occurrence que ses fonds illimités lui permettent d’attendre que la chance lui octroie une série de bonnes cartes et le fasse gagner.
Davis Slansky pense quant à lui, que Beal est en réalité à la recherche d’un théorème : pour Slansky, les machines de la Beal Banque travailleraient sur des algorithmes…des calculs pour abattre « The Corporation ».